Hassan II Et L’alliance Maroco-Israélienne الملك حسن الثاني و العلاقة السرية بين المغرب والموساد

benbarka

Depuis l’arrivée d’Hassan II sur le trône du Maroc en 1961, le Mossad bénéficie d’une relation privilégiée avec les services marocains, qui va jusqu’à assurer pour eux des stages de formation et même faire quelques nettoyages politiques.

Une précieuse retranscription d’une réunion entre trois acteurs majeurs du monde politique et de l’espionnage israélien des années 60, l’ancien Premier Ministre Levi Eshkol et de deux patrons du Mossad, Meir Amit et Isser Harel, a fait la lumière sur les relations secrètes entre Rabat et Tel-Aviv.

Le sujet de cette réunion a tourné autour de la relation secrète entre le Maroc et le Mossad. Ce dernier profitant de la guerre d’Algérie avait installé ses quartiers à Paris était à la recherche, en ce début des années 60 du maximum d’informations sur les pays Arabes. Dans la ligne de mir des services de l’ombre israéliens le Maroc, pays jugé modéré, dont le roi multiplie les qualités d’allié de l’Occident et de pays influent sur la scène arabe. En 1961, Hassan II, à peine couronné, vois son patron des services secrets Mohammed Oufkir, se faire une proposition à ne pas refuser de la part du Mossad. Permettre aux juifs marocains de faire leur Alyah en Israël, contre 250 000 dollars par tête ainsi “exportée” vers l’état Hébreux.

La pression algérienne suite à la guerre des sables a aussi poussé Hassan II à se méfier de son propre entourage, il demandera au Mossad de monter une équipe de protection pour se charger de sa sécurité. Les efforts des services secrets algériens dans le recueil d’informations contre le Maroc a aussi, pendant cette période, conduit à la “visite” d’agents algériens, de plusieurs ambassades marocaines dans le monde. Là encore, c’est le Mossad qui se chargera de rééquiper les infrastructures consulaires marocaines et d’en former le personnel. S’en suivra une réelle coopération militaire entre les deux pays, avec la formation des pilotes marocains, contre l’accès aux équipements soviétiques présents dans les arsenaux marocains à cette époque et même la mise à leur disposition d’officiers égyptiens capturés par le Maroc. Le pic de cette coopération sera atteint en 1965 avec l’installation d’une station permanente du Mossad.

Cette années là à Casablanca, lors du sommet de la Ligue Arabe, où l’on discutera d’un commandement unifié des forces armées arabes, Hassan II et son Makhzen, donnera accès aux espions israéliens et livrera l’ensemble des données qui s’y sont produites. Les informations ainsi livrées, donneront une idée claire sur la fragilité des armées arabes de l’époque et de leur manque de préparation pour une guerre contre Israël. Il en résultera l’attaque préemptive de Tsahal et de Heyl Ha’Avir, sur l’Égypte et la Syrie et la conclusion éclair de la guerre des six jours.

Des agents du Mossad étaient présent aux sommet de la Ligue Arabe de Casablanca.

Hassan II était initialement prêt à réserver aux agents du Mossad tout un pavillon a l’hôtel où devait se dérouler le sommet des chefs d’États arabes afin de suivre de très près leurs interventions, et surtout celles des chefs des armées.

A la dernière minute, le roi a changé d’avis, craignant que des membres des délégations arabes ne puissent reconnaitre la véritable identité de Meir Amit, le directeur général du Mossad (1963-1968), dans les couloirs de l’hôtel casablancais.

En dépit de ce revirement, la partie israélienne a eu accès à tous les documents et aux précieux enregistrements des interventions des militaires arabes. Ceux-ci avaient permis aux responsables de Tel-Aviv de jauger de la capacité des armées des pays de la Ligue à livrer bataille contre l’armée israélienne. Les enregistrements fournis par le roi Hassan II au Mossad sur ce sommet de la Ligue Arabe, étaient l’un des facteurs qui a fait sortir les juifs victorieux pendant la guerre de juin 1967 contre l’Égypte et la Syrie, occupant ainsi le Sinaï, le Golan, Gaza et Al Qods.

N.B. Le “Pétain arabe”, Anouar Sadate, un second allié des Américains et des sionistes, récupèrera le Sinaï contre la normalisation des relations avec les juifs. Depuis lors, l’Égypte, comme le Maroc et la Jordanie, devient un allié objectif des juifs et l’aidera à éliminer les Palestiniens de Gaza.

Baba Batra

Pour le Mossad, un cadeau aussi précieux a un prix.  Le Maroc n’hésitera pas à demander l’élimination d’un de ses plus importants opposants, Mehdi Ben Barka. Homme de gauche, respecté et respectable dans son pays et dans le monde Arabe pour son engagement anti-colonial, il était devenu l’homme à abattre du Makhzen. Mohamed Oufkir, devenu Ministre de l’Intérieur, charge le Mossad de suivre l’opposant à la trace en Europe. Une mission facilitée par la présence sur le territoire français, avec la bénédiction de Charles de Gaulle, d’une antenne du Mossad. C’est justement ce bureau qui avait permis d’une part de piéger Ben Barka avec le projet de film historique et d’autre part faciliter aux agents des services secrets marocains l’entrée en France avec de faux passeports. Ben Barka est repéré lorsqu’il relève son courrier à Genève. Une équipe prend en charge la surveillance de Ben Barka, une autre fournit des faux documents et apporte un support logistique à l’équipe de tueurs franco-marocains qui doivent se charger de l’enlèvement et de l’élimination. Le 29 octobre 1965, C’est le Mossad qui monte une traquenard à Ben Barka, prétextant une fausse interview pour un faux documentaire, ils facilitent son enlèvement à Paris par de faux agents de police. Il ne survivra pas aux séances de torture orchestrées par le Général Ahmed Dlimi. Encore une fois c’est le Mossad qui se chargera de la “logistique” macabre, en faisant disparaître le corps de l’opposant. L’opération Baba Batra, vient de connaitre sa tragique conclusion.

En 1966, deux journalistes israéliens, Maxim Ghilan et Samuel Mhor, ont révélé dans le magazine Bul la participation active du Mossad à l’enlèvement de Ben Barka, par l’entremise d’un homme d’affaires, juif marocain, basé en Europe. L’article donne les détails de l’opération, qui devait inclure faux passeports, planques et administration de poison. La fuite de cette information explosive découla d’un conflit entre deux chefs rivaux du service secret.

Scandale à Tel-Aviv et mesures immédiates de rétorsion : le magazine fut saisi des kiosques et les deux journalistes ont été jugés et condamnés à deux mois de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ». La reprise du scoop par les confrères étrangers, dont Time magazine et le Monde, provoqua une crise politique en Israël, divisant le Parti travailliste et embarrassant considérablement le Premier ministre Levi Eshkol.

L’assistance logistique israélienne au kidnapping de Ben Barka ne devrait pourtant pas surprendre les connaisseurs des relations diplomatiques occultes entre Rabat et Tel-Aviv. Même l’historien Alexandre Adler, qu’il serait délicat d’accuser d’anti-sionisme primaire, a reconnu à maintes reprises, notamment sur France Culture et Arte, la réalité de la troublante connexion attestée, à nouveau, par Time en 1975.

Comme l’ont précisé les chercheurs Ian Black et Benny Morris, dans leur ouvrage, paru en 1991 et consacré à l’histoire secrète d‘Israël,  cette implication est le résultat direct de la requête formulée en 1965 par le général Oufkir à David Kimche, du Mossad, de venir en aide au Maroc afin de capturer le premier opposant à Sa Majesté. Le Maroc, les Etats-Unis, Israël, et la France comme théâtre des opérations : une conjuration inédite mais efficace, dont le déroulement exact de la trame demeure inconnu. Une disparition brutale pour Mehdi Ben Barka qui explique la mémoire tenace de ceux qui ont décidé, par la suite, de comprendre et de relater ce qui s’est réellement passé.

Le communiste libertaire Daniel Guérin, enquêteur inlassable et spécialiste de l’affaire, avait prédit, au sujet de leader internationaliste, la conclusion inéluctable d’un destin héroïque :  Ce mort aura la vie dure, ce mort aura le dernier mot.

Des rapports étroits entre le Maroc et Israël

Entre Rabat et Tel Aviv, et malgré la participation de militaires marocains dans la guerre du Kippour, il n’y a jamais eu de réel divorce. L’insurrection Sahraoui et la guerre froide avec l’Algérie a été l’occasion d’un partage d’expériences entre les deux armées. Tsahal apportant sa technicité au service des FAR, ces derniers laissant le champs libre aux israéliens pour utiliser le “laboratoire” sahraoui comme champs d’expérimentation. On retrouvera, quelques années après, les fondamentaux de la stratégie des murs de séparation et de l’utilisation d’armes non-conventionnelles sur les populations palestiniennes. le Maroc y trouvera son compte et ne souffrira jamais de restrictions technologiques de ses équipements américains, qui seront munis du nec plus ultra de l’électronique israélienne.

تناول موضع الإجتماع الذي عقده الثلاثة العلاقة السرية بين المغرب والموساد. هذا الأخير الذي استغل الحرب الجزائرية كان قد قما بنشر عملائه في كل أنحاء باريس بحثا عن أكبر قدر من المعلومات عن الدول العربية بداية سنوات الستينات

 وكان أحد اهداف الموساد الخفية آنذاك المغرب، بدل معروف عليه بالإعتدال، يقوده ملك  يحصي في رصيده المزيد من صفات الحليف للغرب والدول المؤثرة على الساحة العربية. في سنة 1961، قام الملك الحسن الثاني، الذي كان قد نصب على العرش لتوه، قام بلقاء رئيس المخابرات حينها محمد أوفقير، ذلك ليحضى يعرض لا يرفض من طرف الموساد

وهو السماح لليهود المغربيين القيام بالأليا الخاصة بهم في إسرائيل مقابل 250000 دولار للفرد الواحد يتم إرساله للكيان العبري. كما أن الضغوط الجزائرية التي نتجت عن حرب الرمال دفعت هي أيضا بالحسن الثاني إلى أخذ الحيطة حتى من المقربين له، قام بعدها بالطلب من الموساد بتكوين وحدة خاصة تسهر على حمايته

هذا لم يثني مصالح الإستخبارات الجزائرية عن القيام بنفس الشيء عبر محاولة جمع أكبر عدد من المعلومات ضد المغرب في تلك المرحلة بالذات، تخللتها زيارات متتالية للعملاء الجزائريين لمختلف السفارات المغربية في العالم. هنا أيضا كانت عملية إعادة تجهيز البنى التحتية للقنصليات المغربية في الخارج وتكوين الأفراد على عاتق الموساد.

هذه الاحداث تبعها فيما بعد تعاون عسكري حقيقي بين البلدين تمثل في تكوين الطيارين المغربيين مقابل إمكانية الإطلاع على العتاد السوفييتي الموجود في ترسانة الأسلحة المغربية في تلك الحقبة إلى درجة وضع ضباط مصريين تم أسرهم من طرف المغرب تحت تصرف الموساد. وقد بلغت ذروة هذا التعاون بتوطين محطة دائمة للموساد سنة 1965.

في تلك السنوات وبالدار البيضاء، وخلال قمة جامعة الدول العربية، أين تم مناقشة قيادة موحدة للقوات المسلحة العربية، قام الحسن الثاني والمخزن التابع له بفتح المجال للجواسيس الإسرائيليين للحصول على جميع المعلومات حول ما جرى في القمة

المعلومات التي تم تسريبها سمحت بتكوين فكرة حول هشاشة الجيوش العربية في ذلك الوقت ونقص جاهزيتهم القتالية في حل إندلاع حرب ضد إسرائيل. ما نتج عنه هجوم إستباقي من شنه جيش تساحل و هايل ها آفير على مصر و سوريا والنتيجة الخاطفة لحرب الستة أيام

Baba Batra

بالنسبة للموساد فقد كانت هذه الهدية الثمينة لها مقابل بالطبع. فالمغرب لم يتردد في طلب القضاء على أحد أهم معارضيه ألا وهو مهدي بن بركة. رجل اليسار المحترم و صاحب الصمعة الطيبة في بلده وفي العالم العربي بسبب نضاله ضد المستعمر، لكنه أصبح المطلوب رقم واحد والذي يجب القضاء عليه بالنسبة للمخزن

محمد أوفقير/ والذي أصبح بعدا وزيرا للداخلية، قام بتكليف الموساد بتتبع المعارض وتقفي أثره في أوروبا. وقد تم تحديد مكانه عندما كان يقوم  بالتقاط بريده اليومي بجونيف. فتم وضع وحدة تقوم بمراقبة بن بركة ووحدة أخرى تقوم بتوفير أوراق مزورة والتقديم دعم لوجيستي للوحدة المكلفة بالإغتيال الفرنكو- مغربية التي من المفروض قيامها بخطفيه والقضاء عليه

وفي يوم 29 أكتوبر 1965 قام الموساد بنفسه بضع فخ للإيقاع ببن بركة، عبر القيام بفبركة لقاء صحفي من أجل شريط وثائقي وهمي، ما سهل عملية إختطافه بباريس من طرف أفراد شرطة مزيفين. لكنه لم يقاوم جلسات التعذيب المدبرة من طرف الجنرال أحمد دليمي. مرة أخرى قام الموساد بتقديم مساعدة لوجيستية أقل ما يقال عنها بأنها مروعة، ذلك بالقيام بإزالة جسد المعارض بن بركة من الوجود. بهذا وصلت عملية Baba Batra إلى نهايتها المأساوية

علاقات وطيدة بين المغرب وإسرائيل

رغم مشاركة الجنود المغربيين في حرب الغفران، إلا أنه لم يحدث أبدا طلاق حقيقي بين الرباط وتل أبيب

هذا وكانت الانتفاضة الصحراوية والحرب الباردة مع الجزائر فرصة لتبادل الخبرات بين الجيشين. بقيام جيش تساحل بنقل تقنيته إلى القوات المسلحة الملكية، وترك الأخيرة المجال مفتوحا للإسرائيليين لإستعمال “المخبر” الصحراوي لحقل تجارب. ما نتج عنه بعد بضع سنوات أسس إستراتيجية الأسوار العازلة واستعمال الأسلحة الغير تقليدية على الشعب الفلسطيني

في النهاية وجد المغرب مبتغاه وعدم المعاناة أبدا من القيود التكنولوجية على معداته الامريكية الأصل، والتي تم تزويدها بآخر التحديثات الإلكترونية الإسرائيلية

 

 

Published in:Histoires |on août 9th, 2015 |Réagir »

كيف تكونت الحدود بين الدول العربية منذ ظهور الإسلام وحتى يومنا هذا؟

الشكل الحالي لمنطقة الشرق الأوسط وشمال أفريقيا الناطق باللغة العربية شهد عددًا كبيرًا من التطورات والتغييرات عبر الزمن حتى وصلنا لما نحن عليه حالياً.

نقدم هنا تسلسلًا زمنيًا لتطور الحدود بين الدول العربية منذ الدولتين الفارسية والبيزنطية وحتى يومنا هذا لنعرف ما استجد على منطقتنا العربية وتأثير الاحتلال والغزو الأوروبي علينا.

1- ظهور الإسلام

مع بداية ظهور الإسلام كان الوطن العربي مقسماً لثلاث مناطق، الأولى كانت تخضع للدولة البيزنطية وتضم الشام ومصر وشمال أفريقيا. الجزء الثاني كان تابعاً للدولة الفارسية ويضم العراق. الجزء الأخير كان شبه الجزيرة العربية والذي كان عبارة عن قبائل متناثرة تدور بينها الحروب وتتواصل من خلال التجارة حيث بدأ الإسلام يظهر في منطقة الحجاز ويتوسع تدريجيًا منذ عام 633م.

الدول العربية عام 633م نقلاً عن ويكيبيديا

2- الخلفاء الراشدون

في عهد الخلفاء الراشدين، أي حوالي عام 655م، انصهرت كل من الجزيرة العربية والعراق والشام ومصر وليبيا في كيان واحد ودولة واحدة دون قيود.

الدول العربية تحت حكم الخلفاء الراشدين عام 655م

3- الدولة الأموية

عام 750م، وصلت الدولة الأموية لأقصى اتساع لها. هنا أصبحت كافة الدولة العربية تقريبًا جزءاً واحدًا دون أي حدود. أصبحت الدول العربية مجرد ولايات (أو محافظات بمفهوم عصرنا الحديث) وبالتالي يستطيع كل شخص التنقل لأي ولاية بحرية مطلقة.

الدول العربية تحت الحكم الأموي عام 750م

4- الدولة العباسية

عام 850م، وفي ظل الخلافة العباسية ظلت الدول العربية كما هي دون حدود، ورغم بقاء منطقة شمال أفريقيا (المغرب والجزائر حالياً) في أيدي الأمويين، لم تكن هناك قيود في التنقل أو حدود فاصلة.

الدول العربية تحت الحكم العباسي عام 850م

5- الدولة الفاطمية

في حدود عام 1000م، سيطرت الدولة الفاطمية على جميع الأجزاء الإفريقية من الدول العربية بالإضافة إلى الشام والحجاز، فيما بقي الجانب الشرقي من الدولة الإسلامية في أيدي العباسيين، لكن بقيت حرية التنقل والحركة للمواطنين محفوظة كما هي دون قيود فعلية ودون وجود حدود واضحة بمفهومنا الحديث.

الدولة الفاطمية عام 1000م

6- الأقاليم والدول المستقلة

بعد ذلك الوقت وحتى نهاية الخلافة العباسية على أيدي التتار عام 1258م، ظهر عدد من الأقاليم ذات السيادة المستقلة بشكل واضح. تتابع الطولونيون ثم الإخشيديون ثم المماليك على مصر. وتتابع الأغالبة والعبيديون على تونس. وتتابع الأدارسة ثم المرابطون ثم الموحدون على منطقة المغرب العربي. وتواجد البويهيون في العراق. والحمدانيون في الشام. والقرامطة في أقصى شرق الجزيرة العربية. وتتابعت الدولة الصليحية ثم الطاهرية ثم الأيوبية والرسولية على اليمن.

بدأ تمايز نسبي في الأقاليم العربية، ويرجع ذلك للطبيعة الجغرافية التي تسمح بوجود فواصل نسبية بين هذه الأقاليم وبعضها البعض. لكن مع ذلك ظلت هناك حرية حركة لعامة الشعب بين هذه الأقاليم وبعضها البعض.

الدول المتعاقبة على الأقاليم العربية في فترة ضعف الحكم العباسي من القرن العاشر حتى القرن الثالث عشر

7- بداية الدولة العثمانية

بدأت الدولة العثمانية تمد سيطرتها على الأقاليم العربية وتعيد دمجها منذ عام 1299م، حتى وصلت لأقصى اتساعها حوالي عام 1680م.

ويعود أحد الأسباب الرئيسية لبدء تفكك المنطقة العربية لدويلات صغيرة هو عدم هيمنة الدول العثمانية وفرض سيطرتها على كافة المناطق العربية مما أتاح الفرص للتدخلات الأجنبية.

فيُلاحظ هنا أن الدولة العثمانية لم تفرض سيطرتها على كامل أنحاء اليمن وبقيت محصورة في مناطق زبيد والمخا وعدن طيلة فترة وجودها، أما المرتفعات الشمالية فلم تكن مستقرة.

لم تكن المغرب تحت حكم العثمانيين وظلت تحت حكم عدد من السلالات المغربية مثل السعديين ثم العلويين الذين تمكنوا من استرداد طنجة من الاحتلال الإنكليزي الذي تبع الاحتلال الإسباني لها.

أيضاً لم تتمكن الدولة العثمانية  من فرض هيمنتها على جنوب شرق الجزيرة العربية (الإمارات العربية وعمان وقطر).

ولم تُثِرْ أغلب المناطق التي كونت المملكة العربية السعودية فيما بعد اهتمام العثمانيين – ولا الدول الاستعمارية لاحقاً – بسبب وجود قبائل بدوية غير ذات ثقل.

الدولة العثمانية عام 1680م في أقصى اتساع لها

8- التقسيم الإداري للدولة العثمانية

تقسيم الدولة العثمانية للمناطق العربية الخاضعة لها إلى ولايات، ساعد على تكوين شخصيات مستقلة للدول العربية في فترات ضعف الحكم العثماني، خصوصاً مع تركيز الدولة العثمانية على صراعاتها مع الدول الأوروبية. ففي الجزء الأفريقي، كانت هناك ولاية مصر وولاية طرابلس (والتي أصبحت ليبيا فيما بعد) وولاية تونس وولاية الجزائر وولاية النوبة (والتي أصبحت السودان فيما بعد).

كيف قسمت الدولة العثمانية الوطن العربي إلى ولايات أو إيالات

9- عصر الاستكشافات الأوروبية

في القرن الخامس عشر بدأت الرحلات البرتغالية الاستكشافية حول العالم، واستطاع البرتغاليون الوصول لمنطقة الخليج العربي، لتبدأ المراحل الاستعمارية للدول العربية، حيث سيطرت البرتغال على سواحل الخليج العربي وجنوب شبه الجزيرة العربي، وتقارب البرتغاليون مع الدولة الصفوية – التي كانت تسيطر على أجزاء من العراق وشرق الجزيرة العربية – بعد هزيمتها من قبل الدولة العثمانية لإعادة السيطرة على العديد من القواعد في الخليج العربي من بينها البحرين ومسقط والإمارات والبحرين.

كما نشأ في القرن السادس عشر، صراع بحري بين الدول الأوروبية والدولة العثمانية في حوض البحر المتوسط، حيث تمكنت إسبانيا من السيطرة على مناطق في شمال إفريقيا مثل مدن الجزائر وسبتة وطنجة وتلمسان والمرسى الكبير ووهران وبجاية وطرابلس.

الوطن العربيفي بداية القرن السادس عشر، حيث توضح النقط الحمراء مناطق سيطر عليها البرتغاليون، والنقاط السوداء للإسبان

10- ضعف الدولة العثمانية

تميز القرنان السادس عشر والسابع عشر بحالات متبادلة من الضعف والقوة للدولة العثمانية مما جعل عددًا من المناطق تثور ضد العثمانيين مثل اليمن ومصر ومراكش بسبب سياسات العثمانيين. كذلك فإن عددًا من المناطق وقعت تحت الاحتلال الإسباني والبرتغالي والإنكليزي وتمكن العثمانيون من استعادتها لتقع مرة أخرى في يد الاستعمار وهكذا.

الوطن العربي تحت الحكم العثماني عام 1683م

١١- الحركات الانفصالية

في أواخر القرن الثامن عشر وبدايات القرن التاسع عشر، بدأ الضعف يدب تدريجياً في كيان الدولة العثمانية. أدى ذلك إلى ظهور حركات انفصالية، كما أدت إلى بداية حقبة استعمارية للدول العربية.

تكونت دولة آل الصباح في الكويت، وقامت دولة البوسعيد في سلطنة عمان (هي الحاكمة حتى يومنا هذا)، وظهرت دولة الأئمة الزيدية في مناطق من اليمن، وبدأت تتكون دولة آل سعود في منتصف الجزيرة العربية مع ظهور محمد بن عبد الوهاب، وكانت ليبيا تحت حكم الدولة القرمانلية، وكانت كل من تونس والجزائر تحت حكم الدايات، وحكم المغرب سلالة العلويين الفيلاليين الذين بقوا يحكمون المغرب حتى الآن.

خريطة الوطن العربي عام 1789م

12- الحقبة الاستعمارية

مع بدايات القرن التاسع عشر بدأت المرحلة الاستعمارية للدول الأوروبية في المناطق العربية وسط تراجع واضح لسيطرة الدولة العثمانية، لتبدأ الحدود الافتراضية تظهر بين أقاليم الوطن العربي المختلفة.

في عام 1871م، ظلت العراق والشام وبلاد الحجاز تحت الحكم العثماني، وسقطت ليبيا وتونس من جديد تحت الهيمنة العثمانية، ووقعت الجزائر تحت الاستعمار الفرنسي، وتكونت إمبراطورية مصر والسودان، تحت قيادة محمد علي باشا والتي كانت تابعة للدولة العثمانية ظاهرياً لكنها فعلياً أصبحت تملك استقلالًا نسبيًا.

خريطة الوطن العربي عام 1871م

13- القرن العشرون

مع بدايات القرن العشرين سقطت أغلب المناطق العربية تحت الاستعمار الأجنبي، وتسبب هذا الاستعمار وتنوعه بين الإنجليز والفرنسيين والإيطاليين في نشأة الدول العربية بشكلها الحديث طبقاً لكل منطقة سقطت تحت الاستعمار.

وقعت مصر والسودان وشمال الصومال وجنوب اليمن وسلطنة عمان والإمارات العربية المتحدة والكويت تحت الاحتلال البريطاني. كما كانت جنوب الصومال وليبيا تحت الحكم الإيطالي، ووقعت تونس والمغرب والجزائر تحت الاحتلال الفرنسي، ووقعت بعض الأجزاء الشمالية من المغرب تحت الحكم الإسباني.

فيما ظلت بلاد الشام وبلاد الحجاز والعراق تحت سيطرة الدولة العثمانية.

خريطة الوطن العربي عام 1914م

14- الحرب العالمية الأولى

عام 1916م وبعد انتهاء الحرب العالمية الأولى بهزيمة الدولة العثمانية، وقعت بريطانيا وفرنسا اتفاقاً سرياً تحت مسمى اتفاقية سايكس بيكو يحدد مناطق سيطرة ونفوذ كلا الطرفين على منطقة الهلال الخصيب التي كانت تحت الحكم العثماني آنذاك.

أصبحت لبنان تحت الإدارة المباشرة لفرنسا فيما أصبحت سوريا منطقة نفوذ فرنسي. وعلى الجانب الآخر أصبحت العراق والكويت تحت الإدارة البريطانية المباشرة فيما أصبحت الأردن وشمال السعودية تحت النفوذ البريطاني. وبقيت فلسطين منطقة محايدة.

اتفاقية سايكس بيكو عام 1916م

14- بعد الحرب العالمية الثانية

في الخمسينات من القرن العشرين وبعد انتهاء الحرب العالمية الثانية، بدأت الدول العربية تتخلص تدريجياً من الاستعمار الأجنبي، وبدأ كل جزء يتمكن من الحصول على استقلاله يكون دولته الخاصة.

ظهرت دول مصر والسودان وليبيا وتونس والمغرب والصومال شمال اليمن وعمان والأردن والعراق ولبنان وسوريا. فيما بقيت كل من الإمارات والكويت وجنوب اليمن تحت الاحتلال البريطاني، وبقيت الجزائر تحت الحكم الفرنسي.

الوطن العربي عام 1960م

15- مرحلة التحرر العربي

بدأت باقي المناطق العربية تتحرر تدريجياً لتصبح كافة المناطق العربية محررة لكنها مفككة إلى دويلات، ولم تبقَ غير فلسطين التي لاتزال تحت الاحتلال الإسرائيلي حتى يومنا هذا.

الوطن العربي حالياً


Published in:Histoires |on avril 7th, 2015 |Réagir »

Drones Algériens Pour L’Algérie

Premier drone algérien “Amel”

drone.jpg

  • Amel est un drone de conception et de fabrication entièrement algériennes -au triple plan de l’électronique, des composites et de la mécatronique, opérationnel depuis octobre 2013. Ce prototype d’avion sans pilote UAV (Unmanned Aerial Vehicle) dont la conception et la construction ont été lancées en août-octobre 2010, pour un échéancier de réalisation de 36 mois, comporte des composantes embarquées, électronique et informatique, de conception entièrement algérienne.
    le drone possède une autonomie de vol de 6 heures sur une distance de 200 km et accompli ses missions à 3 500 mètres d’altitude de sa cible. Deux caméras sont intégrées dans l’avion. La première pour le pilotage et la seconde dotée d’une capacité de balayage optimisé pour ses missions. L’autre particularité majeure du drone est son système de guidage et de transmission des renseignements collectés hautement sécurisé.
    Les données sont quant à elles cryptées, via des algorithmes et des protocoles développés par les chercheurs du centre de recherche en sondage et contrôle (CSC) de Bou-Ismaïl (Alger).

Second drone algérien “Al-Fajer L-10”

800px-drone_al_fajer_l-10.jpg

  • AL fajer L-10 est un drone construit en Algérie par  le laboratoire d’aéronautique et des systèmes propulsifs de la faculté de génie mécanique relevant de l’université des sciences et des technologies d’Oran (USTO). Ce type de drone peut servir à plusieurs usages civils et militaires. De type HALE (Haute Altitude-Longue Endurance), il peut voler jusqu’à 7 000 m d’altitude avec une autonomie de 36 heures. Il a une envergure de 2,3 m de long et peut supporter une charge de 70 kg grâce à une puissance de 32 CV. Idéal aussi pour des fonctions de surveillance, du littoral ou encore des frontières terrestres, des autoroutes où il peut servir pour la régulation des flux automobiles et la prévention des accidents de la route, entre autres, par l’envoi de photos prises du ciel.

Premier drone supersonique algérien en 2016

20141103-112138-g.jpg

  • L’Algérie va fabriquer le premier drone supersonique africain en 2016 en partenariat avec l’Afrique du Sud. Selon le directeur général de la Recherche scientifique et du développement technologique algérien (DG-RDST), Hafidh Aourag, un appareil de ce type serait construit en Algérie en 2016, en coopération avec l’Afrique du Sud.

    L’Institut d’aéronautique de l’Université de Blida a ainsi été choisi pour abriter la plateforme de production où vont s’affairer des équipes mixtes de nationalité algériennes et sud-africaines, à partir du 1er janvier 2015 pour un délai de réalisation de 18 mois. « Cette coopération s’inscrit dans le cadre de la convention de coopération scientifique signée entre les deux pays  au Centre des conventions d’Oran (CCO) “Mohamed Benahmed »Les drones supersoniques sont équipés de turbo-réacteurs leur permettant d’atteindre une vitesse importante .

Published in:Science |on mars 22nd, 2015 |Réagir »

Les Etats-Unis préparent une intervention militaire en Libye

Les États-Unis auraient demandé de l’Algérie, de l’Égypte et de la Tunisie, pays limitrophes de la Libye, des facilitations militaires comprenant l’ouverture de l’espace aérien, et l’aide à l’évacuation des blessés, lors des bombardements aériens qui se préparent contre les groupes salafistes djihadistes en Libye, ayant fait allégeance à Daech, rapporte le journal algérien el-Khabar, dans son édition de ce jeudi, citant une source informée.

L’Algérie aurait reçu une demande des États-Unis en vue d’accorder des facilitations  à la coalition internationale contre l’organisation Daech.

Selon la même source, les pays de la coalition planifient sérieusement l’ouverture d’un nouveau front contre Daech en Libye, dans le cas où l’organisation étend son emprise dans ce pays.

Les facilitations demandées à l’Algérie, l’Égypte et la Tunisie consistent à autoriser le survol des avions de combat, l’atterrissage urgent des avions américains dans des bases aériennes algériennes, dans le cadre d’une opération militaire US en préparation depuis des mois, et qui consiste à lancer des missiles contre des cibles de Daech, et à détruire l’infrastructure des groupes salafistes djihadistes en Libye, indique le journal algérien.

L’Algérie serait en train d’étudier, selon la même source, deux demandes américaines. La première porte sur une intervention militaire limitée des forces algériennes, et égyptiennes en Libye, sous l’égide des Nations-Unies ; et la deuxième a trait à d’éventuelles facilitations pour les navires porte-missiles, ainsi que pour les avions de combat en vue de perpétrer des raids sur des cibles à l’intérieur du territoire libyen.

Les Etats-Unis ont fait parvenir via des diplomates américains une demande analogue, à la demande française acceptée par l’Algérie, fin 2012 d’ouvrir des couloirs aériens devant l’aviation française pour bombarder les sites des djihadistes an Nord du Mali.

La demande américaine comprend l’octroi aux forces spéciales américaines des facilitations pour l’intervention si nécessaire dans les pays de la région, la participation des forces algériennes à des opérations d’entrainement pour l’évacuation des ressortissants occidentaux dans les zones vertes, ainsi que les services humanitaires à assurer aux civils qui vivent les conditions de la guerre.

La stratégie de déploiement américain en Afrique du Nord, comprend l’éventualité d’intervention dans des pays de la région menacés par le chaos, en vue d’évacuer les ressortissants occidentaux, et de contrôler certaines zones névralgiques pouvant menacer le commerce maritime mondial via la Méditerranée, selon el-Khabar.

Published in:Politique |on novembre 30th, 2014 |Réagir »

L’Algérie Est-Elle Le prochain Ou Le Dernier Viseur des USA?

Il y a déjà plusieurs mois que les États-Unis, après avoir classé l’Algérie comme « pays à risque pour la sécurité des diplomates », ont implanté des installations militaires avec contingents de marines, à la pointe sud de l’Espagne, sans cacher le moins du monde leurs intentions interventionnistes vers le nord de l’Afrique. Sachant par ailleurs, que les États-Unis visent désormais la région frontalière située entre le sud tunisien et l’Algérie : « Signe que les États-Unis sont décidés à agir, le Pentagone vient de récupérer, dans le sud de la Tunisie, une ancienne base désaffectée qui doit être rénovée pour intervenir sur le théâtre libyen, affirme une source diplomatique à Tunis. (le Figaro, 1er février 2014), le moins qu’on puisse dire, même s’il n’est question pour l’instant que d’intervenir en Libye, est que l’ogre se rapproche…

Menaces de punition pour n’avoir pas suffisamment soutenu l’intervention militaire française au Mali? Projet de déstabilisation d’un dernier bastion encore par trop indépendant de l’influence US ?

Toujours est-il que, après les maliens et au vu de l’état de tension régnant dans toute la sous-région, les algériens sont fondés à nourrir de grandes inquiétudes.

Une intervention militaire annoncée

500 marines, huit avions militaires de combat…Les États-Unis ont ainsi déployé, depuis l’été 2013, une force militaire d’intervention conséquente, dans la petite ville de Moron en Espagne. Si le stationnement de militaires américains sur le sol espagnol n’est pas un scoop, ce qui est nouveau en revanche est la spécificité dédiée à cette nouvelle implantation. L’aveu du gouvernement espagnol à ce sujet est d’ailleurs de taille : »permettre à l’armée américaine d’intervenir dans le nord de l’Afrique en cas de troubles majeurs ». On ne saurait, en effet, être plus clair !

Aujourd’hui, alors que les USA viennent de faire une demande officielle au gouvernement Rajoy d’augmenter de moitié le contingent des marines déjà en place, appelé « Force de riposte pour la crise enAfrique », on apprend, par le quotidien espagnol El Pais, que sont prévus d’importants mouvements de la marine militaire US sur les côtes espagnoles : » Le 11 février prochain le destroyer américain USS Donald Cook arrivera avec ses 338 membres d’équipage à la base navale de Cadix. Un second navire, USS Ross arrivera en juin et deux autres, USS Porter et USS Carney, en 2015. Au total, ce seront 1100 marines, avec leurs familles, qui s’installeront sur la base de Cadix ».

Interrogé à propos de toutes ces manœuvres et implantations militaires, Gonzalo de Benito, secrétaire d’État espagnol aux affaires étrangères, se contentera de commenter : » Quelles opérations réaliseront ces marines suréquipés ? Je ne peux pas le dire car ces forces sont pas venues pour des opérations précises mais pour des contingences qui peuvent se produire… »

Entre menaces et langue de bois, on mesure combien ces bruits de bottes sont à prendre au très sérieux.

Que ce soit en Italie ou en Espagne, au Nord Mali ou au Niger, qu’elles soient françaises ou US, force est de constater que les implantations militaires se multiplient dans la région proche Maghreb.

L’humanitaire pour la guerre

Toutes les interventions extérieures qui ont procédé, et y tendent encore, à ce processus de désintégration territoriale et politiques des nations, notamment africaines… ont toujours été précédées de campagnes ultra-médiatiques menées sur le terrain de « l’humanitaire ». On connaît parfaitement le déroulé des opérations : « humanitaires » et ONG signalent, généralement là où on le leur dit, une situation dramatique pour les civils, y dénoncent des famines en cours ou à venir, identifient des multitudes de génocides (ou risque de), abreuvent les opinions publiques d’images-choc et finalement… les grandes puissances se voient »contraintes », à leur corps défendant s’entend… d’intervenir au nom du « droit à la vie des populations concernées et des minorités ». CQFD en Libye, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, au Mali…tous désintégrés, découpés et finalement partitionnés.

C’est ainsi que, après avoir rôdé il y a fort longtemps son procédé au Biafra et en Somalie, tous deux désintégrés (Après le Biafra, Bernard Kouchner expliquera qu’il convient de « convaincre » d’abord les opinions publiques. S’en suivirent alors les opérations à grand spectacles comme « un sac de riz pour la Somalie », « un bateau pour le Vietnam »…les dissensions avec MSF, son départ et la fondation de Médecins du monde.), le »bon » docteur Kouchner, devenu ministre français de gauche et de droite, allait inventer en ex-Yougoslavie, elle aussi désintégrée, la version définitive du « droit d’ingérence » ! Invention qui, après avoir montré toute son efficacité dans l’implosion des Balkans, allait faire florès aux quatre coins d’une planète soumise à la globalisation impériale.

De l’Irak des « armes de destruction massive » à la Libye du « sanguinaire » Kadhafi » meilleur ami de la France, de la Syrie au Mali, de la Côte d’Ivoire à la Centrafrique… on s’aperçoit que c’est surtout au nombre de guerres menées, en son nom, sur le continent qu’on peut mesurer les résultats de cette politique« humanitaire ».

 

Afrique du Nord, Algérie et Tunisie et même le Maroc (Le grand Maghreb) clairement visées

N’oublions pas que le département américain des affaires étrangères a récemment classé l’Algérie dans la liste des pays « à risque sécuritaire pour les diplomates ». Par ailleurs, au même moment, sous forme d’amendements, était rediscutée au Congrès américain la loi anti-terroriste avec comme objectif permettre l’intervention des Forces Armées, sans consultation préalable en…Afrique du Nord !

Les ONG humanitaires ont « appeler les grandes puissances » et leurs armées au secours, sont depuis longtemps à pied d’œuvre en Algérie. Selon la centrale syndicale UGTA (Union Générale des Travailleurs Algériens) ces ONG mènent campagne dans le but de diviser et opposer les populations entre elles : Nord contre Sud, Berbères contre Arabophones, salariés contre chômeurs… En tête de liste de ces « humanitaires » on trouve les ONG telles que Freedom House, Canvas, NED…dont les liens avec la CIA sont un secret de polichinelle (UGTA Alger le 28 juin 2013 in Fraternité journal du PT algérien).

L’UGTT les accuse nommément d’infiltrer les mouvements sociaux aux fins de « les dévoyer et de les conduire vers des actions violentes, cherchant ainsi à créer une situation de troubles pouvant justifier une intervention extérieure » et encore » Alors que les jeunes manifestent légitimement pour la création d’emplois, contre la précarité et l’exploitation, les jeunes animateurs de Canvas leur proposent de régler la question de l’emploi dans un cadre séparatiste, du Sud de l’Algérie, c’est à dire là où se trouvent les grandes richesses minières, pétrolières et gazières. » Comme par hasard, serait-on tenté d’ajouter ou plutôt…comme d’habitude (Sur le rôle néfaste des « humanitaires », des ONG et la dislocation des nations, voir http://www.lautreafrique.info (« Banque Mondiale et ONG déstabilisent les états »)).

Insécurité et troubles sociaux provoqués en de ça des frontières, insécurité généralisée provoquée au delà. La méthode est connue. Les USA qui s’appuient déjà sur la déstabilisation régionale pour justifier le déploiement de leurs dispositifs militaires en Méditerranée ne manqueront pas de prendre demain le prétexte des troubles sociaux ou « du danger pour les diplomates » pour intervenir directement.

Ne serait-il pas légitime, pourtant, de poser la question de la responsabilité des grandes puissances, et très précisément de celle des USA, dans la prolifération des activités terroristes armées dans toute cette région d’Afrique ? et ce n’est pas là le moindre des paradoxes, au nom de cette insécurité que les USA, par OTAN et France interposées, ont décidé de faire exploser la Libye en 2011 ? N’est-ce pas pour les mêmes raison que l’armée française est entrée en guerre au Mali en 2012. Deux interventions qui, rappelons le, loin de ramener la paix, ajoutant la déstabilisation à la déstabilisation, ont fait du Sahel, et de toute la sous-région, une véritable poudrière.

Ces nouvelles menaces US inscrites dans le cadre de la stratégie dite des « dominos », si chère à l’ancienne administration Bush, doivent être prises très au sérieux. On le voit, les prétextes même les plus fallacieux, ne manquent pas et ne manqueront pas, dans un avenir proche, pour une intervention militaire extérieure. Les grandes puissances ne s’arrêteront pas, bien au contraire, devant les risques de désintégration régionale et leurs conséquences meurtrières pour les peuples.

Déjà, c’est toute la région qui subit l’incroyable prolifération des armes due à l’explosion de l’état Libyen et au flux continu d’armements en tout genre, totalement irresponsable, à destination soit disant d’islamistes extrêmes en Syrie. Les ondes de choc de cette situation on les connaît au Mali où une France militairement dépassée se montre très (trop) bienveillante à l’égard de séparatistes très bien équipés, en Algérie où ressurgit une certaine forme de terrorisme qu’on pensait éradiquée et jusqu’en Tunisie où sévissent désormais des groupes paramilitaires se réclamant de l’Islam et où, dans le même temps, le pouvoir laisse impunis les assassinats d’opposants politiques.

Il apparaît de plus en plus clairement aux populations concernées que ces menées dis-locatrices dirigées contre des états souverains n’ont pour objectif que de laisser des nations affaiblies aux mains de supplétifs, divisées et impuissantes, incapables de résister aux appétits des multinationales.

C’est bien pourquoi les états d’où sont originaires ces multinationales s’entendent si bien, au gré de leurs intérêts et quoi qu’ils en disent, qu’il s’agisse aujourd’hui du Sahel et de la Syrie ou de la Libye hier. Autrement dit, à chacun son pré-carré, à chacun ses profits et ses caisses bien remplies.

 

Published in:Politique |on novembre 30th, 2014 |Réagir »

Complot Contre L’Algérie

 

Moscou prévient Alger : Un vaste complot se dessine contre l’Algérie

 

Un vaste complot se dessine contre l’Algérie, avertit Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie.

En visite éclair en Tunisie,  le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a soutenu lors de sa visite, à Tunis, que des «parties étrangères» veulent mettre l’Algérie à feu et à sang à travers la commercialisation d’un printemps algérien. Sans les nommer, le diplomate russe a ajouté que ces mêmes parties «ont ouvert plusieurs fronts près des frontières algériennes depuis la Libye, la Tunisie et le Mali».

alg_russ_753827647.jpg

Etant des alliés traditionnels, M.Lavrov a notamment réitéré le soutien de son pays à l’Algérie. Le chef de la diplomatie russe a dévoilé, lors de son passage en Tunisie, que l’Algérie est devenue la cible des instigateurs et autres fomenteurs qui insistent pour y écrire le dernier épisode d’un supposé printemps arabe. Aussi, a-t-il mis en garde les autorités algériennes contre les instigateurs de ce qu’on appelle «printemps arabe».

Le ministre russe des AE incrimine directement ceux qui ont été à l’origine des bouleversements provoqués délibérément en Tunisie, en Libye et au Mali, d’où parvient la plus grande menace contre l’Algérie. Il estime que les conspirateurs du nouvel ordre mondial établissent leurs plans à base d’une politique d’influence en misant sur les minorités populaires et les réseaux terroristes.

Cependant, cette menace soulignée par Moscou n’est pas nouvelle pour les services de renseignements algériens, pas une menace qu’ignorent les services de renseignements algériens. Soumis à une très forte pression depuis le début de la guerre civile en Libye, les forces de sécurité algériennes ont misé sur leur expérience acquise sur le terrain de la lutte antiterroriste. En un temps relativement court, des milliers d’informations et de témoignages de première main ont été analysés et recoupés par les services du DRS engagés dans une course contre la montre contre tous genres de menaces, notamment des groupuscules criminels nés à l’ombre d’une crise libyenne qui aura servi de catalyseur au mouvement jihadiste. Un mouvement relativisé et parfois banalisé par l’ensemble des parties entrées en guerre contre le régime d’El Gueddafi, dont la France, la Grande-Bretagne et les USA.

Dans leur banque de renseignements les services de sécurité ont réussi à identifier des réseaux nouvellement constitués composés de Marocains et de Libyens.

L’arrestation de plusieurs agents du Mossad en Algérie en est la preuve tangible. Ne jugeant pas nécessaire de dévoiler le véritable scénario programmé contre l’Algérie, des sources très au fait du contexte confient que l’Algérie constitue «un terreau fertile» pour les grands appétits occidentaux. Le rapport du département d’Etat américain sur les droits de l’homme qui épingle paradoxalement l’Algérie et l’analyse du Combating Terrorism Center (CTC) de l’Académie militaire de West Point qui a mis sous la loupe tout ce qui se passe dans le sud de l’Algérie, prétextant que cette région névralgique de l’économie du pays, serait l’épicentre d’un éclatement populaire à cause de la marginalisation des minorités, ne peuvent être considérés que comme une introduction aux véritables visées des Occidentaux.

Une perception initiatrice de ce qui se prépare. «L’Algérie est-elle dans le collimateur des USA?» s’interrogeait L’Expression dans l’une de ses précédentes éditions! La réponse a été révélée dans les colonnes du Los Angeles Times. Le journal rapporte que «des troupes de forces spéciales américaines se sont installées en Tunisie». Cette présence dont nous avons fait foi, mais démentie par les autorités tunisiennes est justifiée, souligne le même organe de presse par le fait «d’entretenir les forces militaires tunisiennes en matière de lutte contre le terrorisme».

Les marines dont le nombre serait d’une cinquantaine ont pris position au sud de la Tunisie à un vol d’oiseau des frontières algériennes depuis le mois de janvier 2014. «Un avion de type hélicoptère s’y est installé aussi», précise encore le Los Angeles Times. Ce n’est que l’aspect visible de l’iceberg et de l’énorme stratégie de guerre annoncée contre l’Algérie.

En effet, depuis la fin de l’année précédente, des informations vérifiées font état d’une forte présence d’agents des services de renseignement américains et d’agents de l’Africom dans le Sud tunisien. Jalouse de sa souveraineté, l’Algérie avait agi en un temps record pour libérer plus de 600 otages tout en sécurisant le périmètre. L’Unité spéciale appelée à mener l’opération avait impressionné le monde entier par son professionnalisme! Même si les USA prétextent leur mobilisation en Afrique pour une coordination de lutte contre le terrorisme et pour préserver leurs intérêts, il est tout de même difficile de ne pas croire que les USA n’ont pas un intérêt pour une partie de l’Algérie dont les réserves de gaz de schiste, de gaz conventionnel et d’autres minéraux comme l’uranium.

Des clans complaisants sont déjà sur le terrain pour la mise en marche de la locomotive de déstabilisation.

http://www.algerie360.com/autres/redirect/?Urlredirect=http://www.lexpressiondz.com/actualite/191065-moscou-alerte-alger.html

 

Published in:Politique |on novembre 30th, 2014 |Réagir »

l’Algérie savait que l’opération du 22 juillet au Mali ne sauverait pas l’otage français

Selon l’anthropologue spécialiste du Sahel, l’Algérie savait que l’opération du 22 juillet au Mali ne sauverait pas l’otage français.

Anthropologue britannique, spécialiste reconnu de la zone sahélienne, Jeremy Keenan affirme dans cet article que c’est la Sécurité militaire algérienne qui a conduit la France dans le fiasco de son opération militaire du 22 juillet au Mali, destiné à sauver l’otage Michel Germaneau.

Selon lui, l’armée algérienne a participé à l’une des deux opérations conduites ce jour-là, tout en sachant que l’otage français ne s’y trouvait pas ou plus.

Les accusations portées par Jeremy Keenan contre la Direction du renseignement et de la sécurité (DRS) d’Algérie rejoignent les doutes exprimés par certains responsables français pour qui Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) « avance au gré des intérêts du pouvoir algérien ». Ce qui n’a pas empêché, selon l’auteur, le gouvernement français de tomber dans un piège lourd de conséquences.

Nous avons traduit cet article, initialement diffusé par le site anglophone d’Al Jazeera, avec son autorisation, car il apporte de nombreux éléments d’information, et pose de sérieuses questions sur une opération toujours entourée de beaucoup de mystère.

Le raid français au Mali, le 22 juillet, en vue de libérer l’otage français capturé dans le nord du Niger en avril, et qui était détenu par Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), a été un désastre absolu. Il est clair, depuis cette date, que la France, la Mauritanie et l’Algérie, ont tout fait pour camoufler ce qui s’est réellement passé.

Après le silence initial de la France, une série de communiqués et d’informations de presse ont donné une version de plus en plus trompeuse de ce qui s’est réellement passé. La version officielle « aseptisée », ou « mauritanisée » des faits ressemble à une œuvre de fiction.

Elle affirme que la Mauritanie a été informée par des services de renseignement occidentaux du fait que l’Aqmi se préparait à une attaque de son territoire le 28 juillet. Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz aurait alors prévenu Paris qu’il préparait une opération au-delà de ses frontières contre l’Aqmi, et il se trouvait à l’Elysée le 13 juillet [à l’occasion d’une rencontre franco-africaine, ndlr] au lendemain d’un ultimatum de l’Aqmi à la France, jurant de tuer Germaneau le 26 juillet si ses demandes (jamais spécifiées) n’étaient pas satisfaites.

Les Mauritaniens, aidés par les Français, affirment avoir découvert un campement jusque-là inconnu d’une cellule de l’Aqmi, dans le désert malien, à 150 km de la frontière mauritanienne. Des sources franco-mauritaniennes affirment que des photos indiquent que Germaneau pourrait s’y trouver. La France décide alors d’envoyer vingt ou trente de ses forces spéciales (commandement des opérations spéciales, COS), y compris des agents du renseignement, pour accompagner les groupes spéciaux d’intervention mauritaniens pendant l’attaque.

Toujours selon cette version, la force franco-mauritanienne serait partie d’une base près de la frontière entre le Mali et la Mauritanie. L’attaque a eu lieu à l’aube, et il n’y avait aucune trace de Germaneau. Six « terroristes » de l’Aqmi ont été tués et l’opération a été conclue.

La version « officielle » souligne qu’il n’y a pas eu d’opération aérienne, que cela ne concernait pas la localité de Tessalit, et qu’aucune assistance américaine en renseignement n’a été apportée comme cela a pu être dit par ailleurs.

Mais, une source mauritanienne fiable m’a indiqué par la suite que le camp attaqué n’était pas une base de l’Aqmi, mais seulement un bivouac de trafiquants.

Un « nuage de fumée » pour une opération politiquement sensible

Que s’est-il réellement passé ? Il devient de plus en plus évident que ce qui s’est passé a non seulement été embelli, mais a servi de leurre à une opération bien plus sérieuse et politiquement sensible près de Tessalit.

De fait, peu après le raid du 22 juillet, une dépêche AFP de Bamako a indiqué que l’opération contre le camp de l’Aqmi dans le nord-ouest du Mali n’était qu’un « nuage de fumée… Quelque part dans le vaste désert, une autre opération est en cours », ajoutant que des forces d’autres pays de la région y participaient.

Les premières informations que j’ai reçues de la région, de sources régionales bien placées, peu après midi le 22 juillet, m’indiquaient qu’il y avait eu une intense activité aérienne autour de Tessalit pendant la nuit et la matinée, et que les Algériens, appuyés par les COS français, avaient conduit une attaque dans les montagnes voisines de Tigharghar en vue de libérer Germaneau.

Tessalit est une ancienne base militaire française modeste de l’époque coloniale. Son aéroport est toujours opérationnel, qui a même été utilisé récemment par les forces spéciales américaines et pour des vols militaires ou privés. Mes sources m’ont indiqué qu’on avait pu entendre des tirs, que six « terroristes » avaient été tués, quatre mis en fuite ou blessés, et que Germaneau pourrait avoir été exécuté par ses ravisseurs au début de l’assaut.

Des sources fiables à Tessalit m’ont confirmé qu’en contradiction avec le récit franco-mauritanien, des avions et des hélicoptères ont bien été actifs sur l’aéroport de Tessalit, et qu’il n’y avait aucun signe de présence mauritanienne.

Le 14 mai, dernière « preuve de vie » de Michel Germaneau

Cette information peut être nuancée de deux manières. L’affirmation selon laquelle les Algériens « conduisaient » l’attaque peut simplement signifier que l’Algérie a fourni les hélicoptères de combat, leurs équipages, et tout le soutien logistique au sol, et pas nécessairement les troupes. […]

La seconde nuance concerne le moment et les circonstances de la mort de Germaneau. Il y a des raisons de croire que l’otage français pourrait ne pas avoir été exécuté comme l’a affirmé l’Aqmi, mais pourrait avoir trouvé la mort plusieurs semaines auparavant. Il avait 78 ans, était fragile et dépendant de médicaments qui ne lui étaient pas fournis. La dernière « preuve de vie » reçue par les autorités françaises date du 14 mai. Selon des sources dans la région, il pourrait avoir trouvé la mort peu de temps après.

Le seul témoignage concernant son exécution provient d’un dignitaire local qui a été impliqué dans des négociations antérieures dans des affaires d’otages, et qui est totalement discrédité. De plus, la nature très vague des demandes qui accompagnaient la menace d’exécuter Germaneau, le 26 juillet, ajoutée au fait qu’aucun négociateur n’a été mobilisé côté malien, comme pour des affaires précédentes, ont dû alerter les autorités françaises sur le doute possible à propos du sort de Germaneau.

Le renseignement algérien « au cœur d’Aqmi »

Cela me ramène à la question de savoir comment la France a eu des renseignements aussi erronés. Il est invraisemblable que les services de renseignement français n’aient pas été en contact avec la Sécurité militaire algérienne, le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), à propos de l’opération projetée. Les deux services, français et algérien, ont des relations suivies, et on sait que le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a rencontré le général Mohamed (Toufik) Mediène, le chef du DRS, le 20 juin à Alger.

Des informations fournies par les satellites américains ont pu aider à localiser les bases de l’Aqmi à Tigharghar. Mais les informations sur leur emplacement précis, les environs, les effectifs, ainsi que l’endroit où aurait pu se trouver Germaneau, ne pouvaient venir que du DRS.

La zone frontalière juste au nord de Tigharghar est survolée quotidiennement par les hélicoptères de l’armée algérienne, et régulièrement par deux Beechcraft 1900 de l’armée de l’air algérienne, équipés de matériel de surveillance. De plus, il existe des contacts étroits entre la cellule d’Abdelhamid Abou Zaïd d’Aqmi et le DRS, Zaïd étant lui-même considéré comme un agent du DRS.

Pour cette raison, les habitants de la région, de plus en plus remontés contre les soi-disantes activités d’Al Qaeda, se réfèrent souvent à l’Aqmi comme « Aqmi/DRS ». Ainsi, les derniers mots attribués au colonel Lamana Ould Bou, du service malien de la sécurité d’Etat, peu avant son assassinat à Tombouctou le 10 juin 2009, étaient :

« Au cœur d’Aqmi, il y a le DRS. »

Sarkozy a réuni son conseil de défense le 19 juillet au matin. La décision d’intervenir au Sahel n’a donc pas été prise à la légère, et a très certainement pris en compte une évaluation du point de vue de la Sécurité militaire algérienne.

Si Germaneau était déjà mort, comme cela a été suggéré, le DRS doit l’avoir su. S’il était vivant et détenu ailleurs, il l’aurait également su. S’il avait été vivant et détenu à Tigharghar, alors il faut demander qui a prévenu Zaïd de l’imminence de l’attaque militaire, de telle sorte que Germaneau et lui ne s’y trouvaient pas lors de l’assaut ?

L’Algérie tient la France

Quelles sont les conséquences ? Tout indique que le DRS algérien a conduit Sarkozy et la France au désastre. L’opération n’a pas seulement été un échec militaire dans la mesure où elle n’a pas permis de trouver, et encore moins de libérer, Germaneau, mais elle aura des conséquences à long terme pour la France, pour l’Algérie, et pour le Sahel.

Le silence initial, et la chape de plomb qui a suivi de la part de la France, ne sont donc pas surprenants. Les services de renseignement français sont assurément en état de choc en se demandant comment ils ont pu faire de telles erreurs de calcul, qui plus est dans leur « arrière-cour » traditionnelle.

Ce qui est encore plus dur pour la France, c’est que ses relations particulières avec l’Algérie, et leur niveau actuel particulièrement bas, sont telles qu’elle n’est pas en mesure de répondre. Si l’information devient connue, en particulier en Algérie, que les militaires français et algériens ont collaboré pour tuer des musulmans, et dans un pays tiers, les conséquences politiques pourraient être sérieuses. Pour le moment, l’Algérie et le DRS tiennent la France.

L’Aqmi peut recruter au-delà des « musulmans en colère »

La perception d’une France se comportant comme un cowboy néo-colonial endommagerait sa stature dans la région. Pour Sarkozy, dont la décision de choisir cette option à haut risque était sans doute une manière de contrer l’impact de l’affaire Bettencourt-Woerth, il y a désormais le danger que cette opération puisse être comparée à la tentative de Jimmy Carter en 1980 de libérer les otages en Iran, ou pire, au fiasco de l’opération des services français contre le Rainbow Warrior en 1985.

Pour les pays de la région, cela démontre leur incapacité à détruire Al Qaeda et à assurer leur propre sécurité, tout en démontrant que la seule puissance régionale capable d’assurer ce rôle est l’Algérie. Tout la stratégie du DRS en créant l’Aqmi dans la région sahélienne en 2006, a été de convaincre les Occidentaux, et en particulier les Etats-Unis, du rôle indispensable de l’Algérie comme gendarme régional.

A côté du DRS, l’autre vainqueur est, bien sûr, son complice, l’Aqmi. L’épisode lui a offert une victoire de propagande qui relance son impact dans la région, et sa capacité à recruter au-delà du cercle initial des « musulmans en colère ».

L’insécurité dans la région s’est assurément aggravée. Plusieurs leaders d’Aqmi ont menacé de représailles les intérêts occidentaux, comme l’a clairement indiqué une mise en garde du Département d’Etat américain.

Published in:Politique |on juin 9th, 2014 |Réagir »

Le gaz de schiste

géologie, exploitation, avantages et inconvénients

eia_world_shale_gas_map.png

 

Définition du terme gaz de schiste

Qu’est ce qu’un gaz de schiste ? Ce terme vient de la “mauvaise” traduction de l’anglais shale gas . Shale est un mot anglais, sans traduction française simple. Selon le Dictionnaire de Géologie de Foucault et Raoult, ce terme anglais shale « désigne toute roche sédimentaire litée à grain très fin, en générale argileuse ou marneuse ». On peut comparer cette définition avec les deux définitions du mot “schiste”, qui sont les suivantes dans ce même dictionnaire : « (1) au sens large (qu’il vaut mieux éviter), toutes roches susceptible de se débiter en feuillet. Ce terme peut donc désigner aussi bien un schiste métamorphique (angl. schist ), qu’une roche présentant un clivage ardoisier (angl. slate ) ou bien une pélite (argile) feuilletée (angl. shale )[…] et (2) : roche ayant acquis une schistosité sous l’influence de contraintes tectoniques ».

Aussi le gaz de schiste, également appelé gaz de roche-mère (ou plus rarement « gaz de shale », de l’anglais shale gas), est un gaz naturel contenu dans des roches marneuses ou argileuses riches en matières organiques, roches qui peuvent avoir une structure litée de schiste. Contrairement au gaz naturel conventionnel qui est retenu dans une roche perméable permettant une exploitation facile, le gaz de schiste est piégé dans les porosités d’une roche rendue imperméable par l’argile qu’elle contient. L’extraction du gaz de schiste, particulièrement difficile, nécessite le recours systématique aux techniques combinées du forage dirigé et de la fracturation hydraulique à grands volumes particulièrement coûteuses. Les roches-réservoir contenant du gaz de schiste peuvent aussi contenir de l’huile de schiste (pétrole), mais dans des proportions beaucoup plus faibles.

220px-joints_1.jpgLe gaz de schiste est présent dans certains « schistes » argileux sédimentaires non-métamorphiques, « shale » désignant toute « roche sédimentaire litée à grain très fin, en général argileuse ou marneuse », le terme lithologique approprié pour la roche en tant que telle étant argilite ou parfois siltite, selon la granulométrie. En effet, en géologie, le mot schiste désigne plus largement des roches métamorphiques feuilletées ou non. Contrairement au gaz naturel conventionnel qui migre et se concentre dans des roches réservoirs poreuses, le gaz de schiste reste piégé dans la roche mère qui lui a donné naissance et est donc faiblement concentré. Il se compose essentiellement de méthane. Les couches de schistes sédimentaires dans lequel il se forme se trouvent à des profondeurs comprises généralement entre 2 et 4 km et forme des bancs de plusieurs centaines de mètres de long. L’épaisseur, qui est variable, peut permettre une extraction économiquement viable si elle dépasse 30 mètres.

Le gaz de schiste est exploité depuis des années (gaz conventionnel) dans des schistes fracturés naturellement, mais la matrice rocheuse des schistes présente une faible perméabilité (le gaz y est piégé dans les pores ou des résidus de matière organique). L’exploitation commerciale à grande échelle nécessite donc une fissuration artificielle de la roche, voire l’utilisation de produits chimiques pour augmenter la perméabilité du schiste et la désorption du gaz ; l’essor du gaz de schiste ces dernières années a été stimulé par l’utilisation à grande échelle de la technique de fracturation hydraulique. Le taux de récupération possible est de l’ordre de 20 à 40 %.

Les schistes ayant un potentiel économique gazier sont riches en matières organiques (0,5 % à 25 %). Ce sont habituellement des roches sources pétrolières à l’origine de gaz thermogéniques (l’action de la chaleur et les pressions élevées convertissent le pétrole en gaz naturel). Ils doivent être assez fragiles et assez rigides pour se fracturer et maintenir leurs fractures ouvertes. Dans certaines régions, les couches schisteuses à fort rayonnement gamma naturel sont réputées plus productives : un niveau élevé de rayonnement gamma est souvent corrélé à une forte teneur en carbone organique. Ce sont des schistes gris foncé, éventuellement carbonés et calcaires.

Qu’est ce que le gaz « conventionnel » ?

Avant de parler du gaz de schiste, parlons un peu du gaz classique, dit conventionnel. Le gaz naturel « conventionnel » est principalement constitué de méthane (CH4). C’est le plus simple des hydrocarbures. Il provient de la dégradation de la matière organique (d’origine biologique) piégée dans des sédiments devenus roches sédimentaires après diagenèse. Cette roche contenant de la matière organique est dite « roche mère ». La dégradation à l’origine du méthane peut être d’origine bactérienne pour les températures basses (bactérie « travaillant » jusqu’à T  100°C.)

Dans le cas du méthane (et de tous les autres hydrocarbures liquides et/ou gazeux) il peut y avoir migration du gaz, qui quitte sa roche mère si celle-ci est perméable (perméabilité intrinsèque ou à la suite d’une fracturation). Méthane et autres hydrocarbures mobiles cheminent en suivant les zones perméables, toujours vers le haut, car ces hydrocarbures sont moins denses que l’eau qui en général imprègne tout le sous-sol. Ils peuvent arriver en surface où il donneront des sources ou suintements de gaz ou de pétrole (voir par exemple Fontaine Ardente du Dauphiné, pour le gaz, et Source et ruisseau d’hydrocarbures, Puy de la Poix ou Source d’hydrocarbures à « La Brea Tar Pits », pour le pétrole). Ils peuvent être bloqués dans des structures géologiques appelées pièges. C’est le cas classique d’une couche perméable (grès, calcaire fracturé…) recouverte d’une couche imperméable (argile), le tout étant ployé en anticlinal. C’est également le cas d’une couche perméable inclinée recouverte en biseau (discordance, biseau sédimentaire…) par une couche imperméable et bien d’autres contextes géologiques.

Figure 1. Bloc diagramme montrant la situation des gisements de pétrole et de gaz « conventionnels »

Bloc diagramme montrant la situation des gisements de pétrole et de gaz « conventionnels »

On y voit la roche mère qui fournit pétrole ou gaz en fonction de sa température (donc de sa profondeur). Les flèches blanches montrent la migration du pétrole et du gaz de la roche mère (suffisamment perméable) vers et au sein d’une roche magasin, ainsi que le long d’une faille. Si cette migration est stoppée par un “piège” (couche imperméable de géométrie particulière, anticlinal, biseau discordant…), on aura un gisement de pétrole et/ou de gaz. Gaz et pétrole ne forment alors pas des poches, ou des lacs, mais imprègnent la porosité ou les fractures de la roche magasin. La roche magasin étant perméable, un simple forage vertical, avec (ou sans) pompage suffit pour extraire une proportion notable des hydrocarbures contenus dans le piège. S’il n’y a pas de “piège”, pétrole et gaz pourront atteindre la surface.

Pour qu’il y ait gisement conventionnel d’hydrocarbures, il faut donc, entre autres, que (1) la roche mère soit (ait été) suffisamment perméable pour laisser partir tout ou partie de ses hydrocarbures, et (2) que la roche magasin soit elle aussi suffisamment perméable pour qu’un pompage suffise à extraire une proportion notable des hydrocarbures qu’elle contient.

Qu’est ce que le gaz de schiste et les autres sources de gaz non conventionnel ?

Ce qu’on appelle « gaz de schiste », c’est du gaz (méthane) encore contenu dans sa roche mère, parce que celle-ci n’est pas (ou très peu) perméable. Ce méthane y est souvent contenu dans des (micro)pores ne communiquant pas entre eux, ou éventuellement adsorbé sur des particules argileuses, d’où l’imperméabilité de la roche. Cette non perméabilité a empêché le méthane (et les autres hydrocarbures) de migrer. La roche mère est donc restée riche en gaz. Elle peut contenir jusqu’à 20 m3 de gaz (aux conditions de surface, 20°C et 1 atm) par mètre-cube de roche en place. C’est donc à la fois une roche mère et une roche magasin. Mais cette imperméabilité empêche son extraction par des moyens classiques comme de simples forages. Des techniques récentes permettent d’extraire une fraction notable de ce gaz, malgré l’imperméabilité de la roche mère/magasin. Les roches mères/magasins de ce gaz de schiste sont classiquement les black shales (en anglais) ou les “argiles et marnes noires” (en français).

On peut remarquer qu’à côté de ce gaz de schiste, il existe deux autres sources potentielles de gaz « souterrain » non conventionnel, mais qui ne sont pas le sujet de cet article :

  • le gaz de charbon ( coal bed methane en anglais. Les couches de charbon sont riches en méthane adsorbé, que les mineurs appelaient “grisou”. Des techniques récentes (voisines de celles décrites ci-dessous) permettent d’extraire ce gaz de couches de charbon trop profondes, ou trop minces et dispersées pour être exploitées par des mines classiques.
  • le gaz des « réservoirs ultra-compacts » ( tight gas en anglais). Il s’agit de méthane en position intermédiaire entre le gaz de schiste et le gaz conventionnel. Le gaz a pu, au cours des temps géologiques, légèrement migrer, quitter sa roche mère, mais a été piégé dans une roche très peu perméable, trop peu pour que ce gaz puisse être exploité par des méthodes classiques sur des échelles de temps “humaines” et non géologiques.

Une ressource est dite non-conventionnelle lorsque son extraction nécessite un traitement de stimulation (stimulation hydraulique, chimique, etc).

Les techniques d’extraction et d’exploitation du gaz de schiste

400px-gasdepositdiagram2-frsvg.png
Schéma des différentes types de source géologique du gaz naturel A Gaz associé (aux gisements de pétrole), B Gaz conventionnel non associé, C Gaz de houille, D Gaz de réservoir ultracompact, E Gaz de schiste

Le principe théorique d’exploitation des gaz de schiste est très simple : puisque la roche contenant le gaz est imperméable, il n’« y a qu’à » la rendre perméable. Plusieurs techniques sont envisageables. En leur temps, les Soviétiques envisageaient une fracturation à coup d’explosions nucléaires souterraines. Peut-être certains fantasment encore sur cette technique radicale. Plus sérieusement, c’est la fracturation hydraulique (parfois associée à des explosifs), couplée à des forages horizontaux qui est envisagée.

Depuis plus de 150 ans, on sait faire des forages verticaux. Puis, on a développé des techniques permettant de faire des forages obliques, inclinés de quelques dizaines de degrés par rapport à la verticale. Cela a permis, par exemple, à partir d’une plate-forme de forage en mer d’atteindre un même réservoir par plusieurs puits. On sait maintenant faire des forages horizontaux, qui peuvent suivre une couche. On sait maintenant “classiquement” faire des forages horizontaux sur une distance de plus de 2000 à 3000 m.

La pression dite lithostatique augmente avec la profondeur, tout simplement à cause du poids des roches sus-jacentes. La pression P à une profondeur z est égale à ρgz , avec ρ la masse volumique et g l’accélération de la pesanteur. Si on considère que les roches sédimentaires ont une masse volumique de 2500 kg.m-3 et que g vaut 10 m.s-2, on voit que la pression augmente de 2,5.107 Pa (250 bars) par km. Dans un forage (plein d’eau), cette pression augmente « seulement » de 107 Pa par km (l’eau a une masse volumique de « seulement » 1000 kg.m-3). Si, au fond d’un forage, on donne au liquide de forage une pression supérieure à la pression lithostatique, alors ce liquide aura tendance à s’insinuer dans la moindre fracture, à écarter les bords de cette fracture, ce qui la propagera latéralement. La fracture se propagera perpendiculairement à la direction de la contrainte minimale (σ3). On pourra donc faire des fractures horizontales (élargissement de bas en haut) dans le cas où le contexte tectonique fait que σ3 est vertical (à faible profondeur, par exemple), ou des fractures verticales dans le cas (le plus fréquent à une certaine profondeur) ou σ3 n’est pas vertical, pour faciliter la pénétration des fluides et des fractures dans le plan de contrainte minimale.

Au fond d’un forage de 3 km de profondeur (P lithostatique d’environ 7,5.107 Pa), il « suffira » de communiquer au liquide de forage une surpression de plus de 5.107 Pa (500 bars), s’ajoutant aux 2,5.107 Pa de pression hydrostatique, afin de fracturer les roches, et donc de les rendre perméables. Si on ajoute au liquide de forage sur-comprimé du sable, celui-ci s’insinuera dans les fractures, et empêchera qu’elles ne se referment une fois qu’on arrête la surpression. Pour que le sable soit bien mobile dans l’eau de forage, sans faire de « bouchon » ou sans s’accumuler dans des « points bas », pour qu’eau et sable puissent bien s’insinuer dans les fissures… des additifs, tels que des épaississants (gomme de guar,…) et autres composés aux propriétés physiques, chimiques ou bactériologiques particulières, seront mêlés à l’eau. Une fois la fracturation terminée, le gaz s’échappera alors par les fractures, comme dans n’importe quelle roche magasin dont la perméabilité est due à des fractures pré-existantes.

Figure 2. Schéma du principe d’exploitation du gaz de schiste

Schéma du principe d'exploitation du gaz de schiste

À gauche, la période de forage et de la fracturation hydraulique. On injecte de l’eau sous très haute pression (plusieurs centaines de bars) dans un puits. Ce forage est continué à l’horizontale une fois atteinte la couche de « schiste ». Une fois le forage fini, ou en procédant par palier, on injecte de l’eau sous pression qui fracturera la roche, eau mêlée de sable et d’additifs. Ce sable mêlé à l’eau sous pression envahira les néo-fractures et empêchera leur fermeture une fois qu’on arrêtera la surpression de l’eau.

À droite, le fonctionnement « normal » du puits en période d’exploitation. Le gaz migre le long des néo-fractures, atteint le tube de forage, arrive en surface, et est stocké dans des réservoirs ou évacué par gazoduc.

Le tubage de la partie verticale est renforcé pour éviter les fuites (d’eau et de gaz) vers les terrains et aquifères de surface. Les volumes d’eau soutirés ( flowback waters ) représentent 20 à 30% des volumes injectés. Le reste demeure dans le puits et les fractures. Après un premier soutirage, la pression diminue et le gaz sort de lui-même en remontant à travers l’eau qui est restée en profondeur, d’où une installation d’emprise réduite en surface après forage.

Cette fracturation ne peut pas se propager sur de très grandes distances (une demi-longueur d’une centaine de mètres dans le meilleur des cas). Une fracturation hydraulique en terminaison de puits vertical ne fracturerait la roche qu’au voisinage du forage, ce qui ne permettrait de récupérer qu’une très faible quantité de gaz. Avec un forage horizontal dans la couche de « schistes », on peut fracturer une plus importante quantité de « schistes », donc récupérer beaucoup plus de gaz. Si, à partir d’une même tête de forage, on fait des forages horizontaux dans les deux sens d’une même direction (perpendiculaire à la contrainte principale), alors la récupération sera optimisée. En cas d’absence de forte anisotropie du champ de contrainte régional, ou pourrait même faire des forages « en étoile » autour du forage vertical.

Figure 3. Schéma théorique de la fracturation hydraulique induite avec 2 forages de sens opposés à partir d’un même puits

Schéma théorique de la fracturation hydraulique induite avec 2 forages de sens opposés à partir d'un même puits

Les forages horizontaux sont parallèles à la direction de la contrainte horizontale minimale (σ3 dans ce cas) et donc perpendiculaires à la direction de contrainte horizontale maximale (σ1 dans ce cas). Les fractures (en brun) s’ouvrent alors perpendiculairement à σ3, dans le plan σ12. Dans le cas d’une exploitation dans la région des Causses où la contrainte maximale est N-S, les forages horizontaux partiraient en direction E-O, avec ouverture de fissure ouverte de direction N-S. Les néo-fractures engendrées par la fracturation hydraulique seraient parallèles aux champs de dykes quaternaires de la région, eux aussi ouvert (en partie) sous l’effet d’une fracturation hydraulique (le basalte remplaçant le fluide de forage).

C’est quoi la fracturation :

La fracturation hydraulique (ou fracking) consiste à provoquer avant la mise en production du puits un grand nombre de micro-fractures (de l’ordre du millimètre) dans la roche contenant le gaz, ce qui rend celle-ci poreuse et permet au gaz ou à l’huile de schiste de se déplacer jusqu’au puits afin d’être récupéré en surface. La fracturation est obtenue par l’injection d’eau à haute pression (environ 300 bars à 2 500 mètres de profondeur) dans la formation géologique en passant par le puits horizontal. L’eau qui est injectée contient des additifs variés afin d’améliorer l’efficacité de la fracturation :

  • du sable de granulométrie adaptée, qui va s’insinuer dans les micro-fractures et empêcher qu’elles se referment ;
  • des biocides destinés à réduire la prolifération bactérienne dans le fluide et dans le puits ;
  • des lubrifiants qui favorisent la pénétration du sable dans les micro-fractures ouvertes par la pression de l’eau ;
  • des détergents qui augmentent la désorption du gaz et donc la productivité des puits.

La fracturation est réalisée une fois le forage terminé. Elle s’effectue en plusieurs étapes dont le nombre est d’autant plus important que la roche mère est imperméable. En moyenne, pour une longueur de puits horizontal d’un kilomètre, il faut 30 opérations de fracturation qui consomment chacune environ 300 m3 d’eau, 30 tonnes de sables et 0,5 % d’additifs (chiffres fournis par la société pétrolière Total).

Déroulement

220px-spill_berms_aire_industrial.jpgL’exploitation d’un gisement débute par une phase d’étude géologique et géophysique et éventuellement la réalisation de forages d’exploration. La mise en production d’un puits de gaz de schiste débute par la pose d’un derrick avec une emprise au sol d’environ 1 hectare. Un puits vertical est foré pour atteindre le gisement. L’étanchéité de la partie verticale du puits qui joue un rôle critique dans l’absence de contamination de la nappe phréatique est réalisée par l’installation de tubages en acier (casing) puis la cimentation de l’espace existant entre la roche et le tubage. Le forage de la partie horizontale du puits qui peut se prolonger sur 1 à 2 kilomètres dure en moyenne de 4 à 8 semaines. La trajectoire de la tête de forage, qui est inclinable et guidée depuis la surface, est connue grâce à des instruments reposant notamment sur des systèmes inertiels et la mesure du champ magnétique. Un tubage est ensuite installé dans la partie horizontale du puits puis perforé à l’aide de charges explosives de quelques grammes pour permettre la collecte du gaz naturel. Les installations de forage sont alors démontées. La phase de fracturation qui suit s’étale généralement sur plusieurs jours. Une fois achevée, l’eau injectée est pompée et stockée en surface avant d’être retraitée. Le puits entre alors en production : cette phase, qui peut durer une dizaine d’années peut être complètement passive ; toutefois l’opération de fracturation peut être répétée afin de réactiver le réseau de fissures lorsque la production diminue (multifracking). Comme dans un forage classique une fois l’exploitation achevée, le forage est refermé avec des bouchons de ciment mesurant entre 50 et 100 m d’épaisseur à plusieurs niveaux différents.

220px-marcellus_shale_gas_drilling_tower_1_crop.jpgEn synthèse, les principales différences du processus d’extraction du gaz et de l’huile de schiste par rapport aux gisements classiques sont :

  1. le gaz n’est pas concentré dans une roche réservoir perméable mais diffus dans la roche mère rendue artificiellement perméable sur une distance réduite autour du puits. Un puits ne draine donc qu’un faible volume de roches et ramène relativement peu de gaz. Pour produire une même quantité de gaz, il faut multiplier les puits ce qui nécessite, pour une même quantité de gaz produit, des investissements nettement plus importants.
  2. la quantité d’eau injectée (volume de plusieurs centaines de fois supérieur à l’extraction de gaz conventionnel) nécessite des installations de retraitement particulièrement importantes et peut créer des conflits avec les autres usagers (agriculteurs…)
  3. la courbe de production se caractérise par un pic prononcé mais court en début de vie puis une décrue rapide jusqu’à seuil peu élevé sans plateau intermédiaire (expliqué par le point 1). Cette caractéristique nécessite la multiplication des puits.
  4. le taux de récupération d’un gisement de gaz de schiste est actuellement en moyenne de 20 % contre 75 % pour les gisements de gaz conventionnel.

Techniques d’extraction alternatives

Plusieurs techniques d’extraction alternatives sont actuellement à l’étude : remplacement de l’eau par du gaz comme le propane, stimulation par arc électrique ou chauffage de la roche, mais elles sont encore balbutiantes. Celle qui semble la plus propre, baptisée fracturation exothermique non hydraulique ou fracturation sèche, inventée pour les forages en région arctique où l’eau gèle trop rapidement, n’utilise ni eau, ni explosifs, ni acides, ni solvants, mais de l’hélium chaud. En 2013, lors d’un colloque sur les alternatives à la fracturation organisé par le Sénat à Paris, les industriels ont considéré qu’il n’y avait pas d’alternative aujourd’hui disponibles à la fracturation hydraulique.

La technique de fracturation au fluoropropane a été médiatisée par le rapport de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique, publié fin 2013. L’Opecst avait alors auditionné John Francis Thrash, PDG d’EcorpStim, une des deux sociétés (avec la société canadienne Gasfrac) qui utilisent cette technique en Amérique du Nord. Malgré le caractère très inflammable du propane, et le peu de retour d’expérience, Ecorpstim en avait présenté un bilan très positif. Officiellement, les responsables de Total estiment que cette technique n’a pas encore fait ses preuves et préfèrent continuer à avoir recours à la fracturation hydraulique dans les États où celle-ci ne fait pas l’objet d’un moratoire. Avantages du propane : sa viscosité lui permet de pénétrer bien plus facilement que l’eau dans les interstices de la roche afin de chasser le gaz et permet de ne pas utiliser les grandes quantités d’eau et de produits chimiques tant décriés par les opposants à la fracturation hydraulique ; contrairement au propane, le fluoropropane n’est pas inflammable, mais la manipulation du gaz de fluoropropane liquéfié, forme sous laquelle il doit être injectée, est plus complexe que celle de l’eau ; autre avantage : il est réutilisable à 95 %, contre 30 % pour l’eau. Mais son principal inconvénient est son coût élevé : le fluoropropane, plus encore que le propane, est “onéreux”, constatent les auteurs du rapport de l’OPECST ; c’est sans doute pourquoi les sociétés qui exploitent le gaz et le pétrole de schiste aux États-Unis continuent à avoir essentiellement recours à la fracturation hydraulique. Par ailleurs, l’Office estime que ce gaz n’est pas “sans danger pour le climat” dans la mesure où il participe déjà à l’heure actuelle pour 0,05 % des émissions totales de gaz à effet de serre ; son pouvoir de réchauffement est près de 3 000 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone selon les experts de l’ONU. Ainsi, son utilisation “nécessiterait de prévenir et de contrôler les fuites susceptibles de survenir à tous les stades de la chaîne de production”, souligne l’OPECST. De plus, son utilisation se heurterait aux engagements de l’UE qui prévoit de réduire l’usage de gaz fluorés de 80% d’ici 2030.

Le gaz de schiste : avantages et inconvénients

L’exploitation du gaz de schiste est « évidemment » un « progrès » : des avancées technologiques permettent d’utiliser une ressource potentielle jusqu’à présent inexploitable. C’est ce que fait l’humanité depuis la “révolution néolithique” ! Mais alors, pourquoi cette levée de bouclier comme le montre les quelques adresses web citées ci-dessus et pourquoi la suspension momentanée des permis d’exploration ?

Éliminons d’emblée le réflexe “NIMBY” ( Not In My BackYard , soit “pas dans mon arrière-cours”), réflexe privilégiant le confort personnel à l’intérêt général, et essayons de regarder les avantages (il y en a) et les inconvénients (il y en a aussi) de cette exploitation des gaz de schiste. Cette partie est très difficile si on veut rester objectif, ne pas minimiser les avantages (ce que font certains) ou les inconvénients (ce que font d’autres). Nous nous attarderons plus sur les côtés géologiques et environnementaux (qui concernent Planet-Terre) que sur les côtés politiques et économiques dont on ne peut cependant pas ne pas parler et qui intéressent chaque citoyen, et en particulier chaque professeur de SVT qui pourra être amené à répondre à des questions d’élèves dans les régions concernées.

Quatre avantages sont présentés ci-après du plus “géologique” au moins “géologique”.

Avantages techniques de l’utilisation de gaz de schiste

À kilowatts-heures produits égaux, le gaz naturel produit moins de CO2 que le charbon ou le pétrole. On peut citer les chiffres suivants : la production d’un mégajoule d’énergie (1 MJ ≈ 0,3 kW.h) obtenu en brûlant du méthane produit 55g de CO2. La même quantité d’énergie obtenue en brûlant du pétrole produit 70g de CO2 ; et 110g en brûlant du charbon. Quitte à utiliser des combustibles fossiles, autant utiliser du gaz que d’autres combustibles, c’est moins mauvais pour le climat. Et même si on développe beaucoup les énergies renouvelables, type solaire ou éolien (tendance officielle affichée en France), celles-ci ne sont pas permanentes (nuit, jours sans vent…). Le gaz est la plus souple des énergies : une turbine à gaz peut prendre le relais d’un champ d’éoliennes en quelques minutes. Il faut quelques heures à une centrale à charbon, encore plus pour une centrale nucléaire. et, si on est optimiste, on peut aussi penser que ce gaz naturel peut assurer la transition énergétique nécessairement assez longue avant l’avènement technologique et économique des énergies renouvelables.

De plus, transporter du gaz depuis des pays lointains consomme de l’énergie (15 à 20% d’autoconsommation), et donc produit du CO2. Produire et consommer localement est bien meilleur pour l’environnement, marque d’un développement (plus) durable. Ce qui est vrai pour les fruits et légumes l’est aussi pour le gaz !

Avantages:

Les compagnies industrielles sont contraintes à respecter l’environnement (législations pas toujours très contraignantes, mais législation quand même), des compagnies peuvent spontanément négliger l’environnement.

Les réserves de gaz de schistes sont énormes. On parle (en ordre de grandeur) d’une quantité voisine des réserves de gaz conventionnel à l’échelle mondiale les réserves équivaudraient à plusieurs dizaines d’années de consommation. Cela prolongerait de nombreuses années notre « confort énergétique ».

L’exploration et l’exploitation du gaz de schiste peut contribuer à lutter contre la désertification, économique et populaire, de certaines régions. Elle peut laisser derrière elle, à condition que cela soit exigé au départ, des aménagements plus durables tels que des reboisements, des forages d’eau, ou des systèmes de captage (forages, retenues) de l’eau, qui a été nécessaire à la fracturation et qui pourra être utilisée pour l’irrigation.

Inconvénients techniques de l’utilisation de gaz de schiste

500px-hydrofrac2-frsvg.png
Schéma des différents impacts environnementaux potentiels. A : gaz naturel relâché dans l’atmosphère, B : contamination de la surface par les eaux usées, C : prélèvement conflictuel sur les ressources en eau, D et E : contamination des couches aquifères superficielle et profonde, F : sismicité induite.

Même si cela libère moins de CO2 qu’une centrale à charbon, une centrale à gaz produit des gaz à effet de serre (CO2, …) et contribue donc au réchauffement climatique par ce biais. De plus, chaque forage d’hydrocarbure laisse inévitablement fuir un peu de méthane, même en fonctionnement de routine sans accident. La technique d’exploitation des gaz de schistes nécessite beaucoup plus de forages que les hydrocarbures classiques. Il y aura donc beaucoup plus de fuites de méthane “en routine” en exploitant des gaz de schistes que des hydrocarbures conventionnels. Or le méthane est un gaz à effet de serre 20 fois plus “efficace” que le CO2.

Inconvénients vis a vis de l’environnement:

  1. Le maillage dense du réseau de puits et la dégradation potentielle des écosystèmes et des paysages, parfois appelé mitage du paysage

    La technique des puits verticaux suivis de forages horizontaux ne permettra d’exploiter ce gaz de schiste que sur quelques km2 au maximum autour de chaque puits. Typiquement, pour exploiter complètement une couche horizontale, il faudrait un puits tous les 0,5 à 4 km. On peut espérer un espacement des forages avec le développement de la technologie. Chaque forage occupe une emprise au sol d’environ un hectare (10.000 m2) pendant la période de forage. Après la période de forage et pendant toute la période d’exploitation, chaque tête de puits occupe plusieurs dizaines de m2 (l’équivalent d’une grange) au centre d’une surface “réservée” d’environ 1/3 d’hectare. Tout un réseau de pistes devra relier entre eux tous ces puits pendant la période de forage pour permettre le passages d’engins et camions, et après, pendant la phase d’exploitation, si le gaz est évacué par citernes. Si le gaz est évacué par gazoduc, c’est tout un réseau de gazoducs à construire pour relier tous ces puits d’abord entre eux puis et à un centre d’évacuation sur le réseau national.

    Pour se rendre compte de ce à quoi correspondent “en vrai” les atteintes aux paysages causées (1) par l’exploitation des gaz de schiste là où elle a lieu (aux USA) ,  on peut grâce à Google Earth observer trois cas concrets. Les vues générales, d’une part, et les vues rapprochées, d’autre part, couvrent des surfaces équivalentes pour faciliter les comparaisons.

    Figure 6. Vue Google Earth (2005) montrant un secteur du Colorado (USA) où sont exploités des gaz de schiste Vue Google Earth (2005) montrant un secteur du Colorado (USA) où sont exploités des gaz de schisteDroits réservés - © 2010 Google EarthChaque « tache » claire correspond à une zone de forage.Prise de vue : 15 km d’altitude. Espacement moyen entre les puits : 600 m. Emprise au sol de chaque zone de forage : 150 à 200 m de côté (2,25 à 4 hectares). Figure 7. Gros plan sur une zone de forage / exploitation quelque part au Colorado Gros plan sur une zone de forage / exploitation quelque part au ColoradoDroits réservés - © 2010 Google EarthZoom de la vue précédente.L’échelle (en bas à gauche) montre la taille de l’emprise au sol (environ 200 m de diamètre, 3 à 4 hectares), véritable plaie dans le paysage, plaie que la loi américaine n’oblige pas (encore ?) à remettre en état.
       
       
       
  2. Les perturbations/pollutions potentielles des écosystèmes superficiels

    Le forage et la fracturation hydraulique en particulier, nécessitent d’énormes quantités d’eau (on cite classiquement les chiffres de 10 000 à 15 000 m3 par forage).  Un transport d’eau par une noria de camions citerne ou une ressource additionnelle doit être trouvée, ce qui peut poser une sérieuse réserve à l’exploration et, a fortiori , à l’exploration. Cette eau est injectée dans le forage. L’eau soutirée est salée et boueuse. Elle peut être réinjectée dans des puits très profonds ou au contraire traitée et recyclée en surface. Elle est alors débarrassée de ses particules par floculation et décantation dans des bassins, traitée chimiquement, puis ré-injectée dans les puits de production pour de nouvelles stimulations / fracturations. Cette eau peut également renfermer certains des produits indésirables contenus initialement dans les additifs utilisés pour la fracturation (des premiers essais aux États-Unis ont été effectués avec des rendus de Napalm de la guerre du Vietnam !). Plus récemment, certains cocktails contenaient encore des produits toxiques et corrosifs tel que le monohydrate de nitritriacétate de trisodium utilisé comme détergent industriel. Désormais la plupart des états aux États-Unis et beaucoup de pays exigent de connaître la composition des additifs préalablement aux opérations de fracturation hydraulique.

    D’autre part, les black shales peuvent contenir naturellement des métaux lourds, comme par exemple du cadmium et de l’uranium. Ceci est dû à l’affinité de ces métaux pour les molécules organiques. Les sources naturelles qui sortent de ces niveaux contiennent ces métaux lourds. Mais ces sources sont rares (niveaux imperméables) et ont lessivé leurs conduits au cours des temps géologiques. Les métaux lourds “naturellement présents” ne sont pas un problème majeur d’environnement. Les milliers de m3 d’eau de forage et de fracturation de chacun des dizaines et dizaines de forages risquent de contenir des métaux lourds. Des analyses en continu seront nécessaires. En cas de teneur significative, leur dépollution sera très coûteuse. Notons que si les niveaux cibles peuvent contenir des métaux lourds, ce n’est pas une certitude géologique. Il faudra des études au cas par cas.
    En fin de forage et de fracturation, des milliers de m3 d’eau polluée (par les additifs et éventuellement les métaux lourds) présents dans le puits et les bassins de décantation devront être traités et dépollués. Si le traitement est insuffisant pour éliminer additifs et métaux lourds (ou si il y a des fuites, des accidents…), cela risque de créer des pollutions.

  3. Les perturbations/pollutions potentielles des aquifères profonds

    Le principe même de la fracturation hydraulique est d’injecter de l’eau sous très haute pression, pression très largement supérieure à la pression lithostatique. La surpression fournie par le compresseur devra être très supérieure à 5.107 Pa dans le cas d’un forage de 3000 m. À 1000 m de profondeur, dans le tube de forage, la pression interne sera supérieure à 6.107 Pa (la pression communiquée par le compresseur –supposé en surface- augmentée de la pression des 1000 m d’eau de forage), alors que la pression lithostatique ne sera que de 2,5.107 Pa à l’extérieur du tube. Un formidable écart de pression de 3,5.107 Pa ! Cette surpression est normalement accommodée par le tubage multiple et la cimentation du puits. Cependant, à la moindre fuite dans le tubage du puits entre le compresseur et la couche imperméable cible, de l’eau et ses additifs se dispersera irréversiblement dans les roches environnantes, avec tous les risques de pollutions des nappes phréatiques profondes que cela comporte. La chute de pression anormale liée à une fuite entraînerait un arrêt rapide de l’injection, ce qui limiterait le volume d’eau “perdue”, limitant, sans l’empêcher, la pollution.

    La fracturation hydraulique est une technique lourde. La direction de propagation des fractures est influencée par le champ de contraintes local, par les anisotropies de la roche (plans de stratification, fractures pré-existantes…). Maîtriser la direction et la longueur des fractures sera très difficile, même si l’on peut suivre depuis la surface cette propagation grâce à des écoutes de micro-sismique. Qu’il y ait une fracture qui sorte du niveau cible imperméable, ou rejoigne inopinément une faille ou zone de fracture pré-existantes (perméables) qui avait échappé à la vigilance des géologues, et d’énormes quantités d’eau polluée par les additifs se disperseront irréversiblement dans les roches environnantes, avec tous les risques de pollutions des nappes phréatiques profondes que cela comporte. Du gaz pourra aussi s’échapper et rejoindre roches et nappes phréatiques voisines.

Risques potentiels et accidents réels

La perturbation des écosystèmes et le “mitage” des paysages sont intrinsèques à l’exploitation d’une ressource diffuse, comme c’est le cas des gaz de schiste. Ces dégradations sont donc inévitables.

Les autres risques, notamment les risques de pollution, sont théoriquement évitables si toutes les précautions sont prises et respectées à 100%, si la technique de la fracturation hydraulique est parfaitement maîtrisée… Si ces risques sont évitables en théorie, le passé montre qu’ils ne sont pas virtuels et n’ont pas toujours été évités.

Risques sismiques

Selon le British Geological Survey, le « centre britannique des tremblements de terre », il existe un lien démontré entre fracturation hydraulique et tremblements de terre. En juin 2011, la société Cuadrilla Resources a ainsi dû interrompre son activité d’exploration dans le nord-ouest de la Grande-Bretagne, en raison de plusieurs séismes de magnitude 1,5 à 2,3.

Ces séismes seraient principalement dus à l’injection d’eau. Des phénomènes similaires avait déjà été constaté dans le Colorado en 1960, quand l’armée américaine se débarrassait par injection dans le sous-sol profond d’armes chimiques. Un séisme de magnitude de 5,5 sur l’échelle de Richter avait amené à stopper ces injections.

Dans sa recommandation de janvier 2014, la Commission européenne demande aux États membres d’arrêter des règles claires concernant d’éventuelles restrictions des activités, par exemple dans les zones protégées ou exposées aux inondations ou aux séismes, et les distances minimales à respecter entre les lieux où se déroulent les activités autorisées et les zones résidentielles et zones de protection des eaux.

Risques liés à la profondeur

Plusieurs types de risques et dangers sont liés à la profondeur du forage, ou exacerbés par les conditions physicochimiques trouvées en profondeur. Ce sont notamment :

  • Des risques toxicologiques et écotoxicologues ; ils concernent la santé humaine et les écosystèmes de surface. Ils sont principalement liés aux teneurs en radionucléides, métaux lourds (mercure notamment), acide, sulfure d’hydrogène, etc. des particules et fluides (liquides, gaz) remontés lors du forage. Plus le forage est profond, plus les gaz sont « sales ». Ces polluants ou contaminants s’ajoutent à ceux contenus dans les boues de forage et fluides de fracturation.
  • Des risques liés à une plus grande difficulté de contrôler les forages verticaux, mais surtout horizontaux très profonds en raison d’une température qui détruit tous les capteurs électroniques de mesures in situ disponibles. Ainsi, dans les schistes d’Haynesville (Haynesville Shale) que l’on veut maintenant exploiter au Texas et au nord de la Louisiane, le gaz est situé entre 10 500 et 13 500 pieds, dans des couches géologiques dont la température est « extrême » (de 260 à 380 °F).
  • Des risques liés au besoin d’augmenter la pression hydraulique de fracturation (risque sismique, mais aussi risque de rupture d’une partie de l’installation en surface avec blowup, c’est-à-dire brutale expulsion de gaz et de boue et éventuellement d’une partie des conduites du puits). En effet dans les gisements profonds tels que ceux de Haynesville, la pression atteint plus de 10 000 psi et nécessite d’au moins doubler la pression habituellement utilisée pour la fracturation, en s’appuyant sur une puissance hydraulique très supérieure à celle des fracturations classiques, ce qui augmente le coût et l’importance des installations en surface, mais aussi la gravité des effets en cas d’explosion et/ou de blowup.
  • Des risques liés à la production de dépôts encroutants dans les tuyauteries (en amont des installations d’épuration du gaz). Il s’agit d’une part de cristallisations minérales de carbonate de calcium (CaCO3) et de divers sels (dont le sulfure de plomb et le sulfure de zinc) qui se produisent sur les parois des puits et tuyauteries au moment de la décompression et du refroidissement des fluides remontés du fond. On les appelle « tartres exotiques ». S’ajoute un risque de production de biofilms. L’entartrement peut être épais et se produire rapidement, au point de bloquer des vannes de sécurité. C’est pourquoi les industriels utilisent des « inhibiteurs chimiques de tartres », incluant de puissants biocides, mais avec le risque de sélectionner des microbes de plus en plus résistants, les meilleurs candidats étant justement ceux trouvés dans les milieux extrêmes (dits extrêmophiles).
  • Des incertitudes existent concernant l’importance du risque sismique induit ; aux pressions élevées du terrain, et sous l’effet de pression hydraulique plus importante, les interactions avec les systèmes naturels de faille pourraient être plus importantes. D’éventuels effets liés à des microbes extrêmophiles profonds (éventuellement encore inconnus), qui pourraient se nourrir de certains composés biodégradables apportés par les fluides de fracturation.
Published in:Science |on juin 8th, 2014 |Réagir »

Abdelaziz Bouteflika Donne Le Feu vert pour l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste

Le 21 mai, le gouvernement algérien a décidé de se lancer dans l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

schiste-gaz.jpg

L’Algérie a décidé officiellement d’entamer l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste. La décision a été prise mercredi soir lors du Conseil des ministres présidé par Abdelaziz Bouteflika. Le chef de l’état a donné officiellement “son accord pour le lancement des procédures requises en direction des partenaires étrangers” dans ce domaine.

Cela signifie concrètement que plus rien ne peut arrêter le lancement de l’exploitation de gaz de schiste en Algérie en dépit de toutes les protestations exprimées par de nombreux défenseurs de l’environnement qui craignent le pire à cause des conséquences néfastes de l’exploitation des formations argileuses et schisteuses. En effet, il faut savoir que l’exploitation du gaz de schiste pourrait provoquer une fragmentation des paysages. En plus, un forage nécessite quelque 20 millions de litres d’eau, soit la consommation quotidienne d’environ 100.000 habitants sans oublier  les risques de pollution des nappes souterraines par manque d’étanchéité des forages.

Le danger est donc réel et notre environnement court un grand risque. Mais la tentation de multiplier les recettes de l’état grâce à cette richesse souterraine est irrésistible surtout lorsqu’on sait que l’Algérie est classée au 3ème rang mondial, juste après la Chine et l’Argentine, en termes de réserves de gaz de schistes récupérables, selon le dernier rapport mondial du département américain de l’énergie (DOE) sur les réserves des hydrocarbures non conventionnels. Pour rassurer les Algériens inquiets pour leur environnement, Bouteflika a ordonné “de veiller à ce que la prospection, et plus tard l’exploitation des hydrocarbures schisteux soient menées en permanence avec le souci de préserver les ressources hydriques et de protéger l’environnement”. Tout le monde reconnaît qu’on ne pourra jamais exploiter le gaz de schiste sans polluer l’environnement avec cette méthode unique encore.

L’Algérie, quatrième exportateur de gaz au monde, a décidé de développer son très important potentiel de gaz de schiste. Selon les résultats préliminaires de l’évaluation du potentiel de gaz non conventionnels commandée par le ministère de l’Énergie, les réserves de gaz non conventionnel algériennes sont aussi importantes que celles des États-Unis. La loi sur les hydrocarbures devrait être modifiée afin d’introduire la réglementation nécessaire pour exploiter le gaz non conventionnel, devenu une nécessité pour permettre au pays de satisfaire la demande locale et d’assurer son indépendance énergétique à l’horizon 2050. L’Algérie possèderait 19 800 milliards de m3 de réserves de gaz de schiste, quatre fois plus que ses réserves de gaz conventionnel. Pour développer ce potentiel, le groupe public Sonatrach a conclu des partenariats avec Shell, Eni et Talisman. En 2011, il a creusé ses premiers puits de gaz de schiste dans le bassin d’Ahnet, près de Tamanrasset.

Pays Réserves non prouvées
(en billions de m3)
Monde 207
Chine 32
Argentine 23
Algérie 20
États-Unis 19
Canada 16
Mexique 15
Australie 12
Afrique du Sud 11
Russie 8
Brésil 7

Des techniques alternatives envisageant l’utilisation du sel ou du propane etc… sont et autres composés non polluants et remplaçant les épaississants (gomme de guar,…) et autres composés aux propriétés physiques, chimiques ou bactériologiques particulières, mêlés à l’eau pour exploiter le gaz de schiste sont encore en étude. Voir l’article sur le gaz de schiste.

Published in:Politique |on juin 8th, 2014 |Réagir »

Declaration Du Général Boualem Madi

la situation est préoccupante aux frontières

 

La restructuration de l’armée a été opérée « pour mieux répondre aux nouveaux défis imposés par la situation sécuritaire intérieur et régional.

Le directeur de la communication au ministère de la Défense nationale, le général Boualem Madi, a accordé, ce lundi, une interview à la radio chaîne III. Dans cette sortie médiatique, la première dans les annales de l’armée algérienne, le général a surtout confirmé les craintes relatives à la situation prévalant au niveau des frontières.anp-ph_2204323_465×348.jpg

IMG_7097

Le général Boualem Madi, directeur de la communication à l’Etat major du ministère de la défense nationale est revenu sur les programmes engagés, par l’ANP, pour moderniser et professionnaliser ses structures. Outre les investissements dans les infrastructures et les équipements, «la ressource humaine demeure le plus important volet», a-t-il souligné.

“La priorité était donnée au recrutement de qualité, à la formation à tous les niveaux et l’acquisition des moyens modernes de défense dans le souci d’une meilleure adaptation aux exigences pédagogiques et scientifiques modernes” a indiqué le général Madi.

Abordant les questions d’actualité, l’officier de l’ANP a estimé que “nous vivons dans une situation qui exige plus de vigilance”, affirmant que, dans la conjoncture actuelle, «l’objectif primordial du haut commandement est la destruction des résidus terroristes et la sécurisation de nos frontières».

Relever le défi, dans cette conjoncture marquée par une “dégradation” dans des pays voisins qui a mis les frontières algériennes dans une situation “très préoccupante” exige des éléments de  l’ANP «d’être omniprésent physiquement sur tous les fronts à l’intérieur du pays pour faire face aux groupuscules terroristes résiduels et sur la bande frontalière pour faire face au crime organisé transfrontaliers. Sans omettre, bien sûr la coopération avec les pays voisins et la coordination avec leurs services de sécurité», a expliqué le général Madi.

Interrogé sur le rôle de l’Algérie dans la région, le représentant du MDN a déclaré que l’Algérie est  un “pays pivot” autour duquel s’articule la stratégie de sécurité et de lutte contre le terrorisme transfrontalier menée par l’ensemble des pays du Sahel.  Cette reconnaissance s’explique, selon le général Madi, par «notre position stratégique, les moyens dont nous disposons et le plus important encore, la grande expérience de l’Algérie dans ce domaine, acquise de son long combat antiterroriste, reconnu par les grandes puissances du monde qui se sont même proposé en partenaire à l’Algérie”.

A titre d’exemple, l’invité de la radio Chaine 3 cite l’opération militaires effectuées par les servic es de l’ANP lors de l’attaque contre le complexe gazier de Tiguentourine (Illizi) et de Tin-Zaouatine (Tamanrasset). Deux événements qui ont démontré la capacité de l’armée à «faire face à toutes menaces».

Concernant la restructuration de l’ANP, le général Madi a estimé qu’il s’agissait d’une “mesure naturelle” dans le processus de la modernisation par laquelle “le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en sa qualité de chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, a décidé d’effectuer des changements en adéquation avec le contexte sécuritaire des pays de la région”.

Il a ajouté que “la modernisation des Forces armées ne se limitait pas à une simple restructuration mais, surtout et avant tout, à une parfaite adaptation de leurs organes aux nouvelles missions imposées par les nouveaux défis”, soulignant que “les remaniements ont été effectués en adéuqation avec le contexte sécuritaire et pour répondre au mieux aux nouveaux défis imposés par la situation sécuritaire intérieure et régionale”.

IMG_7283

Published in:Politique |on juin 8th, 2014 |Réagir »


Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 104 articles | blog Gratuit | Abus?